La libération des réserves stratégiques de gazole en France fait baisser les prix à la pompe dans 6 000 stations, les petites stations accusant un retard.
Les prix des carburants commencent à baisser
Les premiers effets de la libération d'une partie des réserves stratégiques de gazole commencent à se faire sentir, avec une baisse moyenne de 12 centimes dans 6 000 des 10 000 stations-service françaises, tandis que les plus petites stations mettront plus de temps à répercuter cette réduction. Parmi elles, 4 000 ont même réduit leurs prix de « plus de 15 centimes », a déclaré le ministre du Commerce Serge Papin à l'issue d'une réunion à Bercy avec les distributeurs de carburants.Action du gouvernement pour faire baisser les prix
Le gouvernement a annoncé en octobre qu'il vendrait dix millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques aux distributeurs, au prix coûtant, pendant trois mois, du 1er novembre jusqu'en janvier, afin de faire baisser les prix à la pompe. Cette mesure exceptionnelle a été décidée pour faire face à la flambée des prix des carburants et de l'énergie en général, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui accentue l'insécurité énergétique en France.Inquiétudes sur l'accessibilité de l'énergie
Le baromètre 2026 du médiateur national de l'énergie, publié mardi, montre qu'un Français sur trois éprouve des difficultés à payer certaines factures d'électricité ou de gaz. Cette initiative permet également au gouvernement de répondre à l'agitation liée à la baisse du pouvoir d'achat, alors qu'une journée de mobilisation sur ce thème rassemblera jeudi des salariés du privé, des fonctionnaires et des retraités.Portée de la baisse des prix
L'opération concerne les prix du gazole routier, du fioul domestique et du gazole non routier, utilisé notamment par les agriculteurs et les engins de chantier, a précisé Serge Papin. « C'est la première fois que les réserves stratégiques sont utilisées pour faire baisser les prix. Habituellement, elles servaient à résoudre des problèmes de pénurie », a-t-il souligné.Le dispositif concerne toutes les stations-service
Le programme « concerne les 10 000 stations-service de France, de la France métropolitaine, de la Corse et des outre-mer », a précisé le ministre de l'Économie Roland Lescure, saluant un « dispositif innovant qui profite directement à nos concitoyens, et qui ne coûte rien à l'État dans une période où le déficit budgétaire est évidemment une contrainte importante ». Le gouvernement a « prévu de fournir un point complet d'ici la fin de la semaine et nous serons évidemment extrêmement transparents sur l'ensemble des chiffres », a-t-il promis.Les petites stations accusent un retard
Les grands distributeurs (TotalEnergies, E.Leclerc, Coopérative U, Intermarché...) ont annoncé des baisses de prix dès samedi, mais les plus petits se plaignent de ne pas encore avoir bénéficié du déstockage. Ceux qui ont appliqué une baisse dès le 31 octobre l'ont fait « par anticipation », car ils disposaient de marges de manœuvre financières, selon Mobilians et la Fédération française des fioul, carburants et chauffage (FF3C), qui représentent les stations-service indépendantes. Les autres réseaux « doivent attendre d'être réapprovisionnés avant d'entrer dans le dispositif », déplorent-ils dans un communiqué.Des difficultés liées aux niveaux de stocks
« On nous a assurés que, théoriquement, d'ici la fin de la semaine, tous les acteurs auront reçu leur droit à un stock stratégique, ce qui fera baisser les prix », a affirmé Francis Pousse, de Mobilians, à l'issue de la réunion. « Le problème, c'est que cela dépend du stock de la station-service : si elle a encore beaucoup de stock acheté fin octobre, elle ne pourra pas commander et donc répercuter immédiatement la baisse », regrette-t-il.Un soutien financier pour les petites stations
Pour ces dernières, le gouvernement a mis en place un prêt à taux zéro « qui leur permet de gérer leur trésorerie si elles souhaitent répercuter cette baisse par avance », a souligné le ministre de l'Économie et des Finances. Ce prêt à taux zéro « est un dernier recours. Mais je crains que peu d'entre elles ne le prennent », estime Francis Pousse, précisant que Mobilians aurait préféré une aide financière de 5 000 euros de la part de l'État.Une baisse visible dans l'ensemble des stations
Alors que le prix du litre de gazole s'élevait en moyenne à 2,38 euros au milieu de la semaine dernière, il a baissé de plus de 10 centimes pour atteindre en moyenne 2,26 euros le litre, selon une analyse de l'AFP des données publiques portant sur 8 817 stations.