Les juristes en France explorent comment l'IA et les indicateurs de performance transforment la création de valeur, en mettant l'accent sur les qualités humaines plutôt que sur l'automatisation.
Des juristes débattent de la création de valeur
Les professionnels du droit en France s'interrogent sur la manière dont les directions juridiques peuvent contribuer à la valeur d'une entreprise, au-delà de leurs rôles traditionnels. Des événements comme Legal Performers Day se tiennent dans différentes régions pour explorer ce sujet et encourager la collaboration entre les équipes juridiques.Organisateurs et participants
L'événement Legal Performers Day a été coorganisé par l'EDHEC Augmented Law Institute et le Village de la justice. La prochaine édition aura lieu à Lyon en décembre 2026, après une manifestation à Strasbourg menée par Jérôme Frizzera-Mogli, responsable de l'innovation à l'EDHEC Augmented Law Institute. Parmi les participants notables figuraient des professionnels de structures telles que Merck Group, Septeo Legal Suite et LEGI TEAM.La création de valeur dans le travail juridique
Les participants ont souligné que la création de valeur, généralement associée à la finance, est désormais un concept clé dans les professions juridiques. Daria Buch, de Merck Group, a fait remarquer que les directions juridiques créent de la valeur en soutenant les stratégies de l'entreprise, en conseillant les équipes et en aidant à la prise de décisions stratégiques. La confiance, la fiabilité et la créativité ont été mises en avant comme des qualités qui distinguent les juristes humains de l'IA.Le rôle et les limites de l'IA
L'IA a été reconnue comme un outil utile pour des tâches telles que la rédaction de documents et la recherche d'informations, mais il a été insisté sur le fait qu'elle ne peut pas remplacer le jugement humain. Maxime Diot, de Lamy Liaisons, a relevé que l'IA est incapable de remettre en question ses propres conclusions, soulignant la nécessité d'un esprit critique. Aurélie Klein, de Fidal, a noté que le conseil juridique exige discernement et responsabilité, deux qualités que l'IA ne peut pas apporter.Mesure de la performance et automatisation
Simon Blanchard, de Septeo Legal Suite, a indiqué que la technologie permet désormais d'automatiser les tâches juridiques courantes. Il a insisté sur l'importance d'utiliser les données pour démontrer l'impact du travail juridique. Les directions juridiques sont de plus en plus tenues de suivre des indicateurs de performance et de démontrer leur valeur en termes économiques.Alignement stratégique et connaissance des métiers
Antoine Schmitt, de Steelcase, a mis en avant la nécessité pour les directions juridiques de s'aligner sur les stratégies de l'entreprise, en jouant le rôle de « connecteurs » au sein des organisations. Daria Buch a ajouté que la compréhension de l'activité de l'entreprise est essentielle pour que les juristes posent les bonnes questions et soutiennent efficacement la prise de décision.Formation et compétences de demain
Les participants se sont accordés sur le caractère essentiel de la formation, en particulier pour maîtriser l'IA. Jérôme Frizzera-Mogli a insisté sur la nécessité d'une infrastructure technologique solide et d'une culture de l'apprentissage continu. L'agilité, la créativité et la relation avec les clients ont été identifiées comme des atouts déterminants dans un paysage juridique en pleine évolution.Les risques de l'IA et son usage responsable
Les débats ont également mis en garde contre une dépendance excessive à l'IA. Jérôme Frizzera-Mogli a évoqué des risques tels que la dépendance cognitive et les questions de souveraineté des données. Les participants ont insisté sur la nécessité d'une formation et d'un accompagnement adaptés afin que l'IA soit utilisée de manière responsable et ne conduise pas à une destruction de valeur.L'avenir des professionnels du droit
Un consensus s'est dégagé : si l'IA transforme la manière dont le travail juridique est accompli, elle ne remplace pas les qualités humaines propres aux professionnels du droit. L'avenir dépendra davantage de leur capacité à interpréter, à donner du sens et à tisser des liens, plutôt que des tâches traditionnelles comme la rédaction de documents ou la recherche d'informations.