Des pharmacies visées dans plusieurs villes

Entre le 31 octobre et le 1er novembre, trois pharmacies de Paris, Strasbourg et Dijon ont été identifiées comme victimes de piratages. Selon des informations publiées le 2 novembre par FrenchBreaches, les pirates affirment avoir dérobé plus de 436 000 fichiers contenant des données administratives et médicales sensibles. À Dijon, le piratage de la Pharmacie des Congrès est confirmé. Un membre de l'équipe a indiqué que le titulaire se trouvait au commissariat pour déposer plainte à la suite de l'attaque, selon Le Moniteur des pharmacies.

Détails des données volées révélés

Le cybercriminel « necrozma » affirme avoir récupéré quatre sauvegardes de bases de données concernant environ 23 000 personnes. FrenchBreaches a analysé un échantillon de 1 000 enregistrements attribués à la pharmacie. Parmi eux, 941 contiennent un numéro de sécurité sociale, 945 une date de naissance, 751 des informations sur une assurance, et 334 sont classés dans la catégorie « Enfant ».

D'autres revendications de vols de données

À Paris, le même pirate affirme avoir dérobé plus de 303 000 fichiers à la Grande Pharmacie Bailly. À Strasbourg, un autre cybercriminel, « injecteur », affirme avoir récupéré les données d'environ 110 000 personnes à la Pharmacie de la Cigogne. Ces chiffres restent à confirmer.

Incertitude sur l'origine des attaques

Pierre-Olivier Variot, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), évoque une éventuelle intrusion par des « opérateurs de tiers payants extérieurs à la pharmacie ». Il souligne le caractère incertain de cette information et souhaite recueillir davantage d'éléments avant de se prononcer. Aucune compromission de ces prestataires n'est pour l'heure établie.

Aucune vulnérabilité commune identifiée

Valérian Ponsinet, président de la commission Convention et système d'information de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), indique avoir envisagé une éventuelle vulnérabilité informatique commune. Il a d'abord étudié l'hypothèse d'une compromission d'un logiciel utilisé dans les pharmacies, qui pourrait expliquer la succession de ces attaques. Toutefois, à ce stade, aucun élément ne permet d'établir l'existence d'une vulnérabilité commune. Aucun lien technique entre les trois attaques n'a été identifié.

Inquiétudes face à la hausse des menaces

Valérian Ponsinet estime que ces événements pourraient marquer une évolution de la menace, notant que les cybercriminels semblent désormais considérer les grandes pharmacies comme des cibles particulièrement attractives, ce qui pourrait conduire à une intensification des attaques contre le réseau pharmaceutique. Il craint une multiplication des piratages dans les prochains jours.

Un risque plus large d'cyberattaques

Selon FrenchBreaches, plusieurs centaines d'autres pharmacies françaises pourraient être surveillées ou visées par des cybercriminels. Le site ne fournit toutefois aucune liste vérifiée, et rien ne permet d'affirmer que ces établissements ont déjà été compromis.

Risques liés aux données volées

Les données potentiellement dérobées associent identité, couverture sociale et prescriptions médicales, autant d'informations susceptibles d'alimenter des tentatives de fraude ou d'usurpation d'identité.

Mesures de prévention et de réaction

Valérian Ponsinet appelle les équipes à se méfier des courriels frauduleux jouant sur l'urgence, comme un remboursement en attente, des démarches administratives ou des échéances imminentes. Il recommande de se connecter directement aux portails professionnels plutôt que de suivre les liens reçus par courriel. Il conseille d'interrompre immédiatement la saisie de formulaires si le clic sur un lien déclenche des questions liées à la sécurité, comme la demande d'un mot de passe.

L'importance de la sensibilisation du personnel

Il souligne l'importance de sensibiliser l'ensemble du personnel à la prévention des cyberattaques, rappelant que chaque employé doit savoir repérer les tentatives de fraude et adopter les bons réflexes face à des demandes numériques suspectes. Il rappelle que les pharmacies reçoivent quotidiennement des documents électroniques de la part des patients et des organismes d'assurance maladie.

Procédures en cas de faille détectée

En cas de comportement inhabituel d'un poste informatique, il recommande de contacter immédiatement le prestataire informatique. Lorsqu'un piratage est détecté, il insiste sur la nécessité de déposer plainte.

Obligations réglementaires

D'un point de vue réglementaire, une violation de données personnelles susceptible d'engendrer un risque pour les personnes doit être signalée à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) dans les meilleurs délais et, si possible, dans un délai de 72 heures après sa découverte. Les patients doivent également être informés lorsque le risque est élevé, sous réserve des exceptions prévues par le RGPD.