Des étudiants français manifestent contre les failles de l'éducation alors que l'IA remodèle le marché du travail, le chômage des jeunes augmente et l'éducation à l'IA accuse un retard mondial.
Les lycéens français manifestent contre les problèmes de l'éducation
Les lycéens français manifestent depuis plusieurs semaines, et certains établissements de Créteil ont fermé leurs grilles le 21 septembre. Début octobre, plus de 400 établissements dans toute la France étaient concernés. Les manifestations portent notamment sur les effectifs trop nombreux dans les classes, les absences d'enseignants, les emplois du temps épuisants, la vétusté des bâtiments scolaires et la pression liée à Parcoursup, le système d'admission dans l'enseignement supérieur. En réponse, le ministre de l'Éducation nationale a mis en place une « plateforme de consultation » et annoncé un « second acte » pour le 6 octobre.L'IA remporte un concours de mathématiques
En juillet 2025, une IA développée par Google a remporté une médaille d'or à l'Olympiade internationale de mathématiques, en résolvant cinq problèmes sur six sans aucun outil ni accès à internet. Cet exploit illustre les capacités croissantes de l'IA, qui dépassent de plus en plus les performances humaines dans certains domaines.L'IA touche les jeunes demandeurs d'emploi
Une étude publiée par Stanford en août 2025 indique que l'emploi des personnes âgées de 22 à 25 ans dans les métiers les plus exposés a reculé de 13 % depuis l'apparition de l'IA générative. En revanche, l'emploi des travailleurs expérimentés est resté stable, voire a augmenté. Dans le secteur technologique, les embauches de débutants ont chuté de 73 % entre 2024 et 2025, selon la plateforme Ravio. Cela montre que l'IA affecte avant tout les postes d'entrée de carrière, en automatisant des tâches telles que la synthèse, la recherche et les tests.L'IA menace les emplois de demain
Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a averti que l'IA pourrait supprimer la moitié des emplois de cols blancs de premier niveau et faire grimper le chômage entre 10 et 20 % d'ici cinq ans. Un élève de seconde aujourd'hui entrera sur le marché du travail entre 2029 et 2034, se retrouvant ainsi directement exposé aux suppressions d'emplois liées à l'IA.La France face à des coûts de main-d'œuvre élevés
La France est particulièrement vulnérable en raison du coût élevé du travail. En 2025, une heure de travail dans le secteur marchand coûtait 44,7 euros à un employeur français, contre une moyenne de 34,7 euros dans l'Union européenne, selon l'Insee. Cela rend les agents d'IA plus rentables. Au deuxième trimestre 2026, le chômage des 15-24 ans a atteint 21,6 %, soit une hausse de 2,5 points sur un an. Si l'IA n'est pas encore la principale cause de ce phénomène, elle devrait aggraver les problèmes existants.D'autres pays se préparent à l'IA
Contrairement à la France, d'autres pays prennent des mesures proactives face à l'impact de l'IA. En Corée du Sud, les familles consacrent en moyenne 793 000 wons par mois, soit près de 500 euros, à des cours particuliers pour chaque lycéen. Trois élèves sur quatre suivent des cours supplémentaires. En Chine, l'enseignement de l'IA est obligatoire depuis septembre 2025, à raison d'au moins huit heures par an, de l'école primaire au lycée. L'Estonie a donné accès gratuitement à ChatGPT Edu à 20 000 lycéens de seconde et de première. En France, le programme Pix IA, obligatoire pour les élèves de seconde cette année scolaire, dure entre trente minutes et une heure et demie.Les critiques réclament un meilleur enseignement de l'IA
Les critiques estiment que l'approche actuelle de l'enseignement de l'IA est insuffisante. Elles plaident pour des cours d'IA chaque semaine dès la seconde, évalués comme les mathématiques, et non pas seulement pour un module en ligne à valider. Les enseignants devraient être formés à ces outils avant qu'on leur demande de les encadrer. Il est aussi proposé de donner un accès gratuit aux versions payantes des meilleurs modèles d'IA, car le coût actuel de 20 euros par mois crée une barrière sociale entre ceux qui peuvent se payer les meilleurs outils et ceux qui ne le peuvent pas.La France prépare l'avenir
Le gouvernement français a mis en place un « comité de prospective » chargé d'imaginer l'école de demain, dans 5, 10 ou 20 ans. Toutefois, la plateforme de consultation recueillera surtout des doléances sur la restauration scolaire et Parcoursup, et peu de contributions porteront sur l'IA. Si les élèves bénéficieront peut-être de classes moins chargées, ils entreront sur le marché du travail dans des emplois qui n'existeront plus.