La hausse des féminicides au Cameroun suscite des manifestations et des appels à une réforme juridique, tandis que des militantes dénoncent les défaillances judiciaires et réclament des refuges d'urgence.
Hausse des féminicides au Cameroun
Le nombre de féminicides au Cameroun a augmenté de manière significative, provoquant des manifestations publiques et des appels à un renforcement de la protection juridique. Les militantes et militants pointent l'absence de lois spécifiques contre le féminicide et les faiblesses du système judiciaire comme des facteurs clés de cette crise.Le décès de Geraldine Achiah suscite l'attention
Geraldine Achiah a été battue à mort par son mari, selon une amie, Pauline Chinjua Macholuh, qui a appris l'incident de la bouche du mari d'Achiah. Mme Macholuh s'est rendue à l'hôpital où Geraldine avait été transportée, mais n'a pas pu voir le mari, qui avait pris la fuite. Une cérémonie commémorative a été organisée à Yaoundé à la mi-septembre en hommage à Geraldine.Des chiffres officiels en hausse
Le ministère de la Promotion de la femme et de la famille a indiqué que près de 70 femmes ont pu être tuées cette année dans des affaires de féminicide présumé. Ce chiffre dépasse les estimations précédentes du gouvernement, soit 50 cas en 2023 et 67 en 2024. La sœur de Geraldine, Beatrice Achiah, a qualifié cette perte de tragédie qu'elle n'oubliera jamais et a réclamé que justice soit rendue, soulignant que sa sœur était innocente au moment de sa mort.Les féminicides provoquent l'indignation publique
La hausse des féminicides a suscité des manifestations et des appels à l'action du gouvernement, de nombreux meurtres restant non élucidés ou non signalés. Anne Ngo-Minyogog, avocate et militante contre les violences faites aux femmes, explique que beaucoup de femmes sont contraintes de rester avec leur agresseur faute de dispositifs de soutien pour elles-mêmes et pour leurs enfants, ce qui conduit souvent à des issues fatales.Le gouvernement travaille sur une nouvelle législation
Le gouvernement camerounais élabore actuellement un projet de loi qui ferait du féminicide une infraction pénale distincte et renforcerait la protection contre les violences fondées sur le genre. Marie-Thérèse Abena Ondoa, ministre en charge de la Promotion de la femme, a qualifié la situation de « cruelle » et d'« alarmante » et s'est engagée à ce que le gouvernement prenne de nouvelles mesures pour y remédier.