La Bretagne, connue pour sa pluie, fait face à une grave pénurie d'eau alors que les réservoirs et les nappes phréatiques atteignent des niveaux historiquement bas, menaçant 310 000 personnes.
Une pénurie d'eau sévère frappe la Bretagne
La Bretagne, région connue pour ses fréquentes pluies, fait désormais face à une pénurie d'eau critique. Les niveaux des nappes phréatiques et des réservoirs ont chuté à des seuils alarmants : le lac de Drennec, dans le Finistère, un grand réservoir artificiel construit en 1982, n'était plus rempli qu'à 33 % de sa capacité à la mi-octobre, un niveau jugé exceptionnellement bas pour la saison.La sécheresse déjoue les prévisions
Stéphane Roudaut, maire de Brest, a qualifié la situation de « contre-intuitive », soulignant que les plaisanteries habituelles sur la pluie incessante en Bretagne ne tiennent plus. La région se remet encore de l'une des pires sécheresses de son histoire, 71 % des niveaux des nappes phréatiques bretonnes étant classés comme bas ou très bas par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) à la fin du mois de septembre.Des coupures d'eau se profilent à Saint-Malo
Jean-Francis Richeux, vice-président de Saint-Malo Agglomération, a averti que des restrictions d'eau pourraient commencer le 10 décembre pour les 160 000 habitants de l'agglomération malouine si les précipitations ne s'améliorent pas. Il a noté que la demande en eau a diminué de 6 % par rapport à l'année précédente, les habitants ayant pris des mesures pour économiser l'eau.Des mesures d'urgence à l'étude
La préfecture du Finistère évalue la possibilité d'activer le plan Orsec, un dispositif national de gestion des catastrophes naturelles, si la pénurie d'eau s'aggrave. Les producteurs d'eau ont été autorisés à poursuivre les pompages alors même que les niveaux des rivières baissent fortement. Dans certains secteurs, des puits fermés depuis longtemps sont rouverts et mélangés à l'eau des ruisseaux afin de respecter les normes de qualité.Les inquiétudes sur la qualité de l'eau s'accentuent
Arnaud Clugery, porte-parole de l'association Eau et Rivières de Bretagne, a insisté sur la nécessité d'améliorer la qualité de l'eau, rappelant que 447 puits ont été abandonnés dans la région depuis 1970, dont plus d'un tiers en raison de la mauvaise qualité de l'eau.Le changement climatique pourrait aggraver la crise
La pénurie d'eau actuelle contraste fortement avec les fortes pluies et les inondations qui ont frappé la Bretagne plus tôt dans l'année. L'hydrogéologue Alexandre Boisson a fait remarquer que la géologie de la région entraîne un écoulement rapide des eaux souterraines vers les cours d'eau, contrairement à des zones où les nappes retiennent l'eau plus longtemps. Il a averti que des pénuries d'eau aussi extrêmes risquaient de devenir plus fréquentes sous l'effet du changement climatique.