Approuvé par la Ville de Paris à la fin de l’année dernière, le projet de méga-incinérateur de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), baptisé Thermo-sur-Seine, continue de susciter des débats. Mardi, des opposants se sont rassemblés devant l’hôtel de ville pour dénoncer les risques sanitaires et le manque de concertation. Ce projet, annoncé dans le cadre du renouvellement de la concession du réseau de chauffage parisien, vise à décarboner le système de chauffage urbain en construisant un méga-incinérateur de déchets dans le quartier des Ardoines, à Vitry-sur-Seine. Le site abritait auparavant une centrale thermique EDF, exploitée jusqu’en 2015.
L’incinérateur puisera de l’eau dans la Seine pour chauffer les déchets, dont 450 000 tonnes de « bois B » et de combustibles solides de récupération, acheminés depuis un rayon de 300 kilomètres. Selon la Ville de Paris, le projet devrait permettre de réduire la part du gaz dans le mix énergétique de 50 % à 22 %. Évalué à 1,2 milliard d’euros par la Commission nationale du débat public (CNDP), il est censé contribuer à l’objectif de neutralité carbone de Paris d’ici 2050. Exploité par Dalkia, filiale d’EDF, l’incinérateur vise à « renforcer la souveraineté énergétique » et à « mieux protéger le pouvoir d’achat des usagers », avec un coût de production énergétique estimé à 5 euros par mégawatt-heure (MWh), contre 59 euros/MWh pour le gaz.
Les opposants dénoncent un « mirage de la décarbonation » et soulignent les risques sanitaires et environnementaux majeurs. Des manifestants, dont des membres du collectif 3R, d’Acid-Vitry et de l’Association de lutte contre l’incinérateur de Créteil (Alic), ont mis en avant les impacts sanitaires des incinérateurs, citant des études ayant révélé la présence de PFAS, ou « polluants éternels », dans les filtres à air d’écoles situées près d’incinérateurs existants à Ivry-sur-Seine. Ils jugent le projet « totalement archaïque » et contraire aux politiques de réduction des déchets, insistant sur la nécessité de réduire les déchets à la source, de les réutiliser et de les recycler avant d’envisager l’incinération.
Les critiques pointent aussi le fait que l’incinérateur est construit dans une banlieue populaire parisienne plutôt qu’en plein cœur de la capitale, ce qui, selon eux, reflète un « mépris de classe » et cible les populations défavorisées. Thomas Dessalles, président de l’Alic, et Bilel Moumni, adjoint au maire de Ris-Orangis, ont critiqué cette décision, affirmant que les habitants de la périphérie ne devraient pas être la « variable d’ajustement » de la transition énergétique parisienne. Ils se sont également référés à une étude américaine montrant que les incinérateurs sont souvent implantés dans des zones peuplées de communautés à faibles revenus ou d’immigrés.
Les écologistes et des élus locaux s’interrogent sur la contradiction entre les objectifs politiques des Verts et leur soutien au projet d’incinérateur. Sylvain Raifaud, président du groupe écologiste du Grand Paris, a qualifié le projet de « contradiction monumentale » et appelé à une plus grande résistance face aux intérêts industriels. L’opposition au projet émane aussi d’élus de La France insoumise, qui ont été largement applaudis lors de la manifestation.
La Ville de Paris assure que le projet fait actuellement l’objet d’une concertation préalable organisée sous l’égide de la CNDP, qui doit se poursuivre jusqu’au 1er novembre. Cependant, les opposants restent sceptiques, estimant que ces consultations relèvent de procédures réglementaires et ne visent pas à remettre en cause le projet. Ils dénoncent également l’absence de chercheurs, scientifiques et médecins dans les discussions.
Les opposants continuent de se mobiliser : une pétition contre le projet d’incinérateur a recueilli près de 5 000 signatures, tandis qu’une autre, lancée par le département du Val-de-Marne, en a rassemblé plus de 18 000. Les militants insistent sur l’importance de la mobilisation citoyenne et de solutions alternatives, comme la rénovation des bâtiments pour réduire les besoins énergétiques. Le département du Val-de-Marne, la Ville de Vitry-sur-Seine et Dalkia n’ont pas répondu à nos demandes de commentaire.
Le projet de méga-incinérateur parisien suscite l'opposition à Vitry-sur-Seine
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
incineratorparisenvironmentcarbon-neutralitypublic-consultationhealth-risks



