Les calendriers de vaccination des adolescents incluent désormais les vaccins contre le méningocoque, le HPV et la varicelle, en réponse à la hausse des taux d'infection et aux besoins de santé publique.
Calendrier vaccinal élargi pour les adolescents
Entre 11 et 24 ans, le calendrier vaccinal s'est enrichi et comprend désormais des recommandations concernant le rappel dTcaP (diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche), la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et les vaccins contre les méningocoques. Ces recommandations répondent à des enjeux de santé publique qui exigent une couverture vaccinale élevée.Occasions de vaccination et calendrier
Les occasions de mettre en œuvre ces recommandations sont nombreuses : médecine générale, pharmacies et médecine scolaire, notamment lors des campagnes menées dans les collèges et lycées depuis la rentrée scolaire 2023. Le calendrier vaccinal des adolescents s'est largement étoffé ces dernières années : il inclut désormais les vaccins contre les méningocoques et le HPV, en plus du rappel dTcaP classique, ainsi que le vaccin contre la varicelle pour les personnes n'ayant pas contracté naturellement la maladie.Obligations vaccinales contre les méningocoques
Les vaccinations contre les méningocoques ACWY et contre les méningocoques B sont obligatoires pour tous les enfants nés après le 1er janvier 2023. Une recommandation récente suggère de vacciner les adolescents et les jeunes adultes contre les bactéries méningococciques. Une recrudescence des infections invasives à méningocoques (IIM) est observée depuis 2022, les nourrissons de moins de 1 an ainsi que les adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans étant les plus touchés.Données récentes sur les infections à méningocoques
Selon les dernières données de Santé publique France (SPF), 628 cas d'IIM ont été signalés en 2025, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024. Les sérogroupes B, W, Y et C représentaient respectivement 46 %, 29 %, 23 % et 0,7 % des cas, et 12 cas appartenaient à d'autres groupes ou n'étaient pas groupés. La létalité s'élevait à 13 % au total et à 21 % pour les IIM de sérotype W, ce qui souligne la gravité particulière des infections liées à ce groupe.Efficacité des vaccins contre les méningocoques
Le vaccin contre le sérogroupe B n'est pas officiellement recommandé, en raison de son absence d'effet sur le portage et de la durée de protection plus courte que celle des vaccins ACWY. La vaccination ACWY contre les méningocoques est recommandée pour tous les adolescents âgés de 11 à 14 ans, à l'aide de vaccins tétravalents (NIMENRIX, MENQUADFI ou MENVEO), selon un schéma à dose unique. Un rattrapage vaccinal est recommandé entre 15 et 24 ans. La vaccination contre le méningocoque B n'est pas officiellement recommandée, mais elle peut être proposée et est remboursée pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans.Vaccination contre le HPV et prévention des cancers
La vaccination contre le HPV est recommandée aussi bien pour les filles que pour les garçons afin de prévenir plusieurs milliers de cancers chaque année en France. Ce virus est responsable de près d'un tiers des cancers chez les hommes. Administré tôt, le vaccin prévient la grande majorité de ces cancers, mais la couverture reste inférieure aux objectifs. En 2024, 48 % des jeunes filles et 24,5 % des garçons avaient reçu un schéma vaccinal complet.Schéma de vaccination contre le HPV
Le vaccin GARDASIL 9 est recommandé pour toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons âgés de 11 à 14 ans. Le schéma vaccinal recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) comprend deux doses espacées de 5 à 13 mois pour les 11-14 ans, et trois doses administrées selon un calendrier à 0, 2 et 6 mois pour un rattrapage entre 15 et 26 ans.Vaccination contre la varicelle et le dTcaP
Le vaccin contre la varicelle est recommandé pour les adolescents âgés de 12 à 18 ans n'ayant pas d'antécédent clinique de varicelle ou ayant un antécédent douteux avec une sérologie négative. Le troisième rappel contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite est effectué entre 11 et 13 ans, avec une association vaccinale tétravalente à doses réduites d'anatoxine diphtérique et d'antigènes coquelucheux (dTcaP). L'administration concomitante des vaccins dTcaP, ACWY et HPV est possible le même jour, sur des sites d'injection différents.Impliquer les adolescents dans la vaccination
Les stratégies de vaccination des adolescents exigent la mobilisation de tous les professionnels de santé, toutes les occasions étant bonnes pour faciliter la vaccination à un âge où les consultations sont généralement peu fréquentes. Les adolescents doivent être associés à la stratégie vaccinale, grâce à des outils tels que de courtes vidéos réalisées par des lycéens, des escape games et des témoignages de jeunes patients ayant souffert d'IIM.Pharmaciens et campagnes scolaires
Le pharmacien joue un rôle essentiel dans la vaccination, puisqu'il peut prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier vaccinal à partir de 11 ans. Les campagnes scolaires ont été mises en place avec un certain succès et, depuis la rentrée 2025-2026, la vaccination ACWY contre les méningocoques est proposée gratuitement aux élèves de 5e, en complément de la campagne de vaccination contre le HPV.