Les prix du gaz européen atteignent 100 euros par MWh à l'approche de l'hiver, sous l'effet des tensions au Moyen-Orient et de réserves faibles, ce qui suscite des inquiétudes sur la sécurité énergétique.
Les prix européens du gaz atteignent 100 euros par MWh
Les prix du gaz en Europe ont atteint 100 euros par mégawattheure (MWh) pour la première fois depuis 2022, sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et de niveaux de stocks faibles à l'approche de l'hiver. Le contrat à terme néerlandais TTF, la référence européenne, a progressé de plus de 4 % pour atteindre 99,97 euros/MWh, après avoir brièvement touché 100,30 euros.Contexte historique des prix du gaz
Ce niveau reste nettement inférieur aux sommets atteints pendant le pire de la crise énergétique de 2022, qui ont dépassé 300 euros/MWh. Il y a dix ans, cependant, le prix moyen oscillait généralement entre 15 et 25 euros/MWh, ce qui illustre une hausse spectaculaire au fil du temps.Réserves de gaz faibles en Europe
À l'approche de l'hiver, les réserves de gaz européennes n'étaient remplies qu'à 74,10 % à la mi-octobre, contre 83,04 % à la même période l'an dernier. L'Allemagne, premier consommateur du continent, accuse un retard, avec des réserves à 60,19 % contre 75,92 % un an plus tôt, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).Impact de la baisse des exportations de GNL
Ces faibles niveaux de stocks « rendent l'Europe vulnérable à un temps froid et à de nouvelles perturbations des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Moyen-Orient », a déclaré à l'AFP, à la mi-octobre, Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Le Qatar, premier exportateur de GNL du Moyen-Orient, « n'exporte actuellement que 20 à 30 % de sa capacité », a relevé Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.Concurrence pour l'approvisionnement en gaz
La perte durable d'une partie de l'approvisionnement en GNL a accru la concurrence entre les acheteurs asiatiques et européens, deux grandes régions importatrices de gaz, ce qui fait grimper les prix. En France, les hausses des derniers mois ont déjà pesé sur les factures des ménages : la Commission de régulation de l'énergie a annoncé une hausse de 6,6 % du prix de référence de vente du gaz au 1er novembre.Hausse des cours du pétrole
Par ailleurs, les cours du pétrole ont également eu tendance à monter mardi. Le baril de Brent de la mer du Nord, livraison en décembre, a progressé de 1,12 % à 115,16 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, livraison le même mois, a gagné 1,81 % à 101,71 dollars. Le marché s'inquiète des informations faisant état d'une nouvelle campagne de frappes américaines contre l'Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis.Spéculations sur les tensions au Moyen-Orient
Selon le Wall Street Journal, citant des « personnes informées de ces discussions », les États-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections de mi-mandat américaines. Des analystes estiment que le marché anticipe un Brent qui restera au-dessus de 110 dollars le baril, voire davantage, jusqu'après les élections.Risque d'aggravation du conflit
Une guerre de grande ampleur impliquerait des « attaques iraniennes de représailles contre les infrastructures énergétiques » et ferait grimper les prix de l'or noir, estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. « Les initiatives diplomatiques peuvent provoquer des baisses de prix temporaires », relève l'analyste, mais « nous maintenons notre scénario de prix élevés pendant longtemps ».Les prix européens du gaz retrouvent leurs niveaux d'avant la crise
Le TTF néerlandais, point de référence du marché européen, a retrouvé des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Ce niveau n'avait pas été dépassé depuis la crise énergétique de 2022 provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine.