La France fait face à une agitation politique et sociale persistante, des Gilets jaunes aux blocages scolaires, alors que les politiques de Macron suscitent de vastes manifestations et une instabilité gouvernementale.
Mobilisations étudiantes et agitation politique
Les mobilisations étudiantes et les appels à relancer le mouvement des Gilets jaunes samedi s'inscrivent dans une longue série de crises politiques et sociales depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée en 2017. Ces événements mettent en lumière des tensions persistantes entre le gouvernement et la population au sujet des politiques économiques et des questions sociales.Le mouvement des Gilets jaunes et ses conséquences
Le mouvement des Gilets jaunes est né d'une mobilisation antigouvernementale contre la hausse des taxes sur les carburants. Le samedi 17 novembre 2018, il a rassemblé près de 300 000 personnes à travers le pays, les manifestants occupant des ronds-points et bloquant des routes. Après plusieurs semaines de manifestations et de violences, Emmanuel Macron a cédé à certaines revendications, annulant la hausse des taxes sur les carburants et ajustant d'autres politiques économiques.La réforme des retraites et les manifestations massives
Au début de l'année 2023, la proposition du gouvernement de relever l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans a déclenché une mobilisation prolongée. Selon la police, les manifestations ont dépassé à trois reprises 1,2 million de personnes. Les raffineries, les transports et les ports ont été perturbés, et les grèves des éboueurs ont transformé les rues parisiennes en poubelles à ciel ouvert. La Première ministre a eu recours à une loi spéciale pour faire adopter la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée nationale.Violences urbaines et état d'urgence
Le 27 juin 2023, des violences urbaines ont éclaté après la mort de Nahel, un jeune de 17 ans tué par un policier lors d'un contrôle routier. Les émeutes ont entraîné près de 4 000 arrestations et conduit Emmanuel Macron à annoncer un projet de loi sur un « état d'urgence » destiné à accélérer la reconstruction dans les zones touchées. Cet incident a mis en évidence les tensions croissantes entre les forces de l'ordre et la population.Colère agricole et défis politiques
À l'automne 2023, des agriculteurs occitans ont protesté contre des projets de hausse d'impôts et contre les retards dans le versement des aides européennes. Au début de l'année 2024, de puissants syndicats agricoles ont lancé des actions telles que le blocage des autoroutes et l'épandage de fumier sur des lieux symboliques. L'instabilité gouvernementale et les mauvaises récoltes ont aggravé la situation. L'adoption d'une loi d'orientation agricole en 2025 a temporairement apaisé les tensions, mais les débats sur les accords commerciaux ont ravivé la contestation.Montée de l'extrême droite et instabilité politique
Le 9 juin 2024, le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) a remporté les élections européennes avec 31 % des voix. Emmanuel Macron a alors dissous l'Assemblée nationale de manière inattendue et convoqué des élections législatives anticipées. Le RN a obtenu un score historique, devenant le premier groupe de l'Assemblée. Cette situation a entraîné une instabilité politique, avec des motions de censure et des démissions, alors que le pays peinait à former un exécutif stable.Blocages dans les lycées et tensions croissantes
À partir de la mi-septembre 2026 à Créteil, des blocages de lycées se sont propagés à travers la France. Les lycéens dénoncent la pression exercée par la plateforme Parcoursup, le manque d'enseignants, les conditions dégradées dans les établissements et la charge de travail importante. Le mouvement s'est étendu aux universités, avec des épisodes de violence ayant blessé des mineurs et des policiers. Le gouvernement a d'abord adopté une position ferme, avant de mettre en place des mesures, notamment le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants pour faire face aux situations les plus critiques.