Incendies à Mayotte

Depuis samedi, le nombre d'incendies a augmenté à Mayotte, mobilisant d'importants moyens de secours. Selon une première évaluation du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), environ 150 hectares de végétation ont été détruits par le feu en trois jours. Lundi 2 novembre, six incendies étaient encore en cours en fin d'après-midi. Face à cette situation, l'association Les Naturalistes demande des mesures d'urgence pour mettre fin aux feux.

La fumée recouvre le sud de l'île

Depuis samedi, le sud de l'île est enveloppé d'un voile de fumée blanche. « Nous faisons face à une série importante de départs de feu », note le colonel Patrick Clerc, directeur du SDIS, joint en fin d'après-midi lundi. Samedi, les pompiers sont intervenus sur onze feux d'espaces naturels, dont neuf ont dû être gérés simultanément. Treize incendies ont été recensés dimanche et quatorze lundi, au moment de notre échange. Six étaient encore en cours, notamment à Bouéni, Chirongui, Dembéni et Bandrélé.

Une végétation brûlée sur trois jours

Le bilan provisoire fait état d'environ 150 hectares de végétation brûlés en trois jours. Plus de 50 hectares avaient déjà été touchés samedi. Sur le seul mont Bénara, les incendies auraient détruit entre 50 et 60 hectares. « Nous avons éteint le feu sur lequel nous travaillions depuis samedi matin lundi matin, mais des personnes ont rallumé un feu dans l'autre vallée », déplore Patrick Clerc.

Les incendies touchent à la fois le maquis et la forêt

Les feux ont principalement touché des zones de maquis, mais aussi des zones boisées. À Chirongui, une douzaine d'habitants ont été mis en sécurité à titre préventif lundi matin. Les pompiers sont toutefois parvenus à stopper la progression des flammes avant qu'elles n'atteignent les habitations. À Bouéni, la police municipale et les gendarmes ont effectué du porte-à-porte dimanche pour prévenir les habitants d'une éventuelle évacuation, qui n'a finalement pas été nécessaire.

Une capacité de lutte renforcée

Pour faire face à cette situation, le SDIS a augmenté d'une vingtaine de sapeurs-pompiers volontaires ses effectifs quotidiens, portant sa capacité opérationnelle d'environ 70 à 90 personnels. Jusqu'à 60 pompiers ont été mobilisés simultanément sur les incendies, avec une douzaine de véhicules, une équipe de drones et un hélicoptère de largage d'eau.

Une origine humaine évidente

Pour le directeur du SDIS, l'origine humaine de ces feux ne fait guère de doute. « Il n'y a pas eu d'orage, il n'y a pas d'électricité dans la zone. Hormis l'origine humaine, il n'y a pas d'autres explications », affirme-t-il. Les départs de feu surviennent en effet fréquemment à proximité de parcelles déjà cultivées.

Des conditions environnementales qui aggravent la propagation

La végétation particulièrement sèche, les débris laissés par le cyclone Chido et les rafales de vent facilitent la propagation des incendies. « Quand on met le feu dans ces conditions, on sait que ça va se propager et des gens le font quand même », déplore Patrick Clerc. « Le fait de mettre le feu n'est pas un délit, mais presque. »

Un appel à des mesures d'urgence

Face à cette situation, l'association Les Naturalistes demande un arrêté préfectoral d'urgence interdisant tout brûlage de végétation jusqu'à la fin du mois de décembre. L'association réclame également la mobilisation de la police municipale et intercommunale, de l'Office français de la biodiversité et de la gendarmerie afin d'identifier et de poursuivre les responsables. Elle propose enfin d'organiser une table ronde réunissant les acteurs concernés pour élaborer des alternatives au brûlage.

Les autorités appellent à la vigilance

De leur côté, le SDIS et la préfecture multiplient les appels à la vigilance, rappelant que ces incendies mettent en danger les habitants et les secours, tout en détruisant une végétation déjà fragile. Tout départ de feu doit être signalé au 18 ou au 112.