L'Ukraine envoie 773 échantillons de semences au Global Seed Vault norvégien, préservant la diversité agricole malgré la guerre en cours.
L'Ukraine envoie des semences au coffre-fort norvégien
L'Ukraine envoie 773 échantillons de semences au Coffre-fort mondial de semences en Norvège, une installation maintenue à -18 degrés Celsius. Les échantillons comprennent des graines de tournesol, des céréales, du sarrasin et d'autres cultures, représentant 10 catégories de plantes. Il s'agit de la première fois depuis 2012, et la première fois depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, qu'un tel envoi a lieu. Le gouvernement norvégien a annoncé l'envoi sur son site officiel.La résilience agricole de l'Ukraine
L'Ukraine reste une grande puissance agricole malgré la guerre en cours, avec plus de 51 millions de tonnes de récoltes de céréales en 2025. Le pays dispose d'une riche collection génétique de plus de 154 000 échantillons représentant quelque 2 000 espèces, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Toutefois, cette collection est partiellement menacée depuis le début de l'invasion russe.Les dégâts subis par les réserves de semences
La banque nationale de conservation, initialement située à Kharkiv, a été gravement endommagée par les bombardements russes en mai 2022. À cette époque, plus de 160 000 plantes prêtes à être semées ont été détruites, même si le reste des semences n'a pas été trop endommagé. La collection a ensuite été transférée dans l'ouest du pays, loin du front, avant qu'une partie de celle-ci ne rejoigne la Norvège la semaine dernière, dans les trois chambres froides et sécurisées qui composent le Coffre-fort mondial de semences.La conception sécurisée du coffre-fort
Le Coffre-fort mondial de semences, construit loin des zones de conflit et à une altitude qui le protège de la montée du niveau des océans, est conçu pour résister aux catastrophes, même en cas de panne du système de réfrigération, grâce à son emplacement sous le pergélisol (sol gelé toute l'année). Les semences sont conditionnées dans des contenants hermétiques, placées dans des caisses et stockées dans des chambres sécurisées creusées au cœur d'une montagne. La température est maintenue à -18 degrés afin de ralentir considérablement leur vieillissement et de préserver leur capacité à germer pendant de longues périodes.Les détails de l'envoi récent
La livraison du 13 octobre comprend 10 catégories de cultures, dont l'orge, le millet, le sarrasin, les pois, le lupin blanc, la moutarde, la luzerne et le trèfle. Elle fait également suite à l'adhésion de l'Ukraine au Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, entré en vigueur pour le pays le 12 août.Le rôle du Coffre-fort mondial de semences
Le Coffre-fort mondial de semences, créé en 2008 par le gouvernement norvégien, abrite aujourd'hui plus de 1,4 million d'échantillons de semences provenant de banques génétiques du monde entier, selon la FAO. Il comprend des variétés de blé, de riz, de maïs, d'orge, de légumineuses et de nombreuses autres plantes cultivées. L'objectif n'est pas de constituer un immense stock alimentaire pour nourrir les survivants d'une catastrophe planétaire, car les quantités stockées seraient bien trop insuffisantes. Il s'agit plutôt de préserver des copies de collections génétiques qui peuvent servir à reconstituer des cultures ou à développer de nouvelles variétés.L'approche de la France en matière de conservation des semences
La France, malgré son statut de première puissance agricole de l'Union européenne, ne conserve que deux variétés de blé ancien dans cette réserve mondiale. Contrairement à l'Ukraine, elle préfère préserver son patrimoine génétique sur son propre territoire. L'Inrae et ses partenaires disposent ainsi d'environ 200 000 génotypes végétaux, répartis dans différentes installations. Cette stratégie permet de préserver la biodiversité agricole française, mais repose beaucoup moins sur cette assurance internationale contre les catastrophes.