Depuis 1998, le radiotélescope de Parkes, en Australie, enregistre des sursauts radio mystérieux d’une durée de quelques millisecondes, au nombre de quarante-six au total, dont seize en seulement sept minutes le 23 juin 1998. Ces signaux, baptisés « perytons », ressemblaient initialement aux sursauts radio rapides (FRB pour Fast Radio Bursts) en provenance des confins de l’univers. Les perytons sont des phénomènes transitoires terrestres dont l’émission, balayée en fréquence, imite la dispersion d’une impulsion astrophysique ayant traversé un plasma froid et ténu. Cette similitude avec le sursaut radio rapide FRB 010724 a semé le doute quant à l’interprétation des véritables sursauts radio extragalactiques.
En 2015, des chercheurs ont identifié que les perytons provenaient d’un four à micro-ondes de la cuisine du personnel, ouvert avant la fin du cycle de chauffage. Cette découverte a renforcé la crédibilité des vrais sursauts radio extragalactiques en éliminant une source d’interférence terrestre. Deux hypothèses dominaient alors les discussions scientifiques : l’une évoquait un phénomène astrophysique authentique, l’autre penchait pour une origine atmosphérique, comme un orage électrique local. Aucune des deux ne résista à l’analyse approfondie des données.
En 2015, l’équipe d’Emily Petroff, alors à l’Université de technologie de Swinburne, a décidé de traquer définitivement la source du problème. Les chercheurs ont installé un moniteur d’interférences radio, un outil qui scanne en continu le ciel pour détecter toute source parasite susceptible de perturber les observations. Ils ont constaté que chaque peryton, émis à une fréquence radio de 1,4 GHz, s’accompagnait d’un autre signal à 2,4 GHz. Ce détail a tout changé. Un télescope voisin, l’Australia Telescope Compact Array, disposait d’un moniteur identique. En comparant les deux jeux de données, les chercheurs ont remarqué que le signal à 2,4 GHz était totalement absent à l’autre observatoire. Conclusion immédiate : les perytons ne provenaient pas de l’espace, ils devaient avoir une origine proche du télescope.
Le 17 mars 2015, l’équipe a testé une hypothèse presque trop simple pour être vraie. Chaque fois que l’appareil de mesure enregistrait un peryton à 1,4 GHz, une autre émission apparaissait autour de 2,3 à 2,5 GHz, une fréquence émise par plusieurs appareils commerciaux, dont les fours à micro-ondes. Une analyse minutieuse a montré que les perytons survenaient lorsque le four à micro-ondes utilisé par le personnel de l’observatoire pour réchauffer leur déjeuner était ouvert prématurément, libérant une bouffée d’énergie. Trois perytons ont été déclenchés au moment précis où quelqu’un ouvrait la porte de la cuisine du personnel avant la fin du cycle de chauffage. Six autres ont ensuite été reproduits intentionnellement avec le micro-ondes du centre des visiteurs, cette fois dans des conditions contrôlées. Les tests ont révélé qu’un peryton pouvait être généré à 1,4 GHz lorsque la porte d’un four à micro-ondes était ouverte prématurément et que le télescope se trouvait à un angle relatif approprié.
L’émission radio s’échappant des fours à micro-ondes pendant la phase d’arrêt du magnétron expliquait parfaitement toutes les propriétés observées des signaux perytons. Ce n’était pas le micro-ondes en fonctionnement qui posait problème, mais la fraction de seconde pendant laquelle le magnétron s’éteignait après une ouverture précoce de la porte, libérant une décharge d’énergie résiduelle. Un détail technique, presque anecdotique, qui a suffi à perturber les observations pendant dix-sept ans.
Cette confirmation a eu une conséquence immédiate sur le terrain. La pratique standard dans les observatoires de l’ATNF (Australian Telescope National Facility) est désormais d’interdire l’utilisation des fours à micro-ondes sur site pendant les observations dans la bande des 2,4 GHz. Une règle de cafeteria est devenue un protocole scientifique. Cette clarification a surtout permis de clore un débat plus large. Une fois la source des perytons identifiée, l’équipe a démontré que les micro-ondes du site ne pouvaient pas être à l’origine du sursaut radio rapide FRB 010724, une différence d’observation qui montre que les sursauts radio rapides restent d’excellents candidats pour des phénomènes transitoires véritablement extragalactiques. En résumé, l’élimination du faux signal terrestre a renforcé la crédibilité des véritables signaux cosmiques.
Cette anecdote a depuis circulé dans les salles de rédaction scientifiques, car elle illustre à quel point l’astronomie moderne reste vulnérable aux interférences terrestres. D’autres radiotélescopes, notamment en Chine, ont depuis connu des problèmes similaires avec des appareils ménagers mal placés. Un four à micro-ondes aveuglant un instrument capable de sonder les confins de l’univers : cela remet bien les choses en perspective.
Les fours à micro-ondes, source de signaux radio mystérieux autrefois attribués au cosmos
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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