Selon un rapport de France Inter, 81 300 personnes en France métropolitaine dépendent d’une eau fournie par camions-citernes ou en bouteilles pour boire, se laver ou cuisiner, d’après le dernier bilan du ministère de la Transition écologique en date du 23 septembre. Ce chiffre représente une hausse de 17 300 habitants par rapport au 9 septembre, où 64 000 personnes étaient concernées. Certaines régions n’ont pas connu de pluie depuis avril, entraînant des pénuries d’eau sévères. Parmi les 81 300 personnes touchées figurent les 380 habitants de Lemmes, Osches et Vadelaincourt, trois petites communes du département de la Meuse. Dans ces zones, il est impossible de puiser de l’eau dans la nappe phréatique asséchée, une couche souterraine naturelle de roche ou de matériaux perméables contenant de l’eau. Résultat, l’eau doit y être acheminée par camions-citernes, à un coût journalier de transport de 700 euros, explique Hervé Corvisier, président du syndicat des eaux. « On remplit le château d’eau et on tient environ deux jours pour l’instant, précise Hervé Corvisier. Si on ne réapprovisionne pas, il n’y aura plus d’eau dans ces communes, il n’y aura plus d’eau au robinet », ajoute-t-il. Il souligne qu’aucune précipitation, pas même un orage, n’a été enregistrée depuis le début du mois d’avril, une situation inédite. Au total, 1,28 million de Français vivent dans des zones sous tension où le réseau d’eau présente un risque réel de rupture, selon le ministère de la Transition écologique. Par ailleurs, 6,22 millions de personnes résident dans des territoires où les réseaux d’eau montrent des signes de fragilité. D’après le ministère, 78 départements restent au niveau maximal de crise, illustrant l’ampleur de la situation dans l’ensemble du pays.