Le 6 octobre 2026, Anduril, une entreprise spécialisée dans les technologies de défense, a annoncé un investissement de 6,6 milliards de dollars pour construire un chantier naval à Sparrows Point, dans le Maryland. Ce projet combine 3,7 milliards de dollars d’investissements privés et un contrat gouvernemental de 2,9 milliards. L’initiative devrait créer 14 100 emplois d’ici 2030, dont 3 100 postes directs et 11 000 emplois indirects dans les chaînes d’approvisionnement et les services locaux. Les salaires sont estimés entre 65 000 et 85 000 dollars par an, soit 40 % de plus que le revenu médian local. Sparrows Point, autrefois un pôle majeur de l’industrie sidérurgique américaine, subit un déclin économique depuis la fermeture de son grand laminoir en 2012. Anduril prévoit de développer un chantier naval innovant sur 1 300 hectares. Ce projet, baptisé Arsenal-2, fabriquera des composants clés pour les sous-marins de classe Virginia, actuellement produits exclusivement par General Dynamics et Huntington Ingalls Industries. Christian Brose, directeur de la stratégie chez Anduril, a souligné que le gouvernement achètera la production de l’usine, inversant ainsi la logique habituelle des contrats de défense. Le projet repose sur un partenariat public-privé. Anduril investira 3,7 milliards de dollars dans la construction du chantier naval, tandis que la marine américaine contribuera à hauteur de 2,9 milliards via un contrat basé sur la performance. Lors de l’annonce, l’ancien président Donald Trump a indiqué que les contribuables américains détiendront 40 % des parts du chantier naval. Cette structure transfère les risques vers le secteur privé tout en garantissant à l’État un retour sur investissement lié à la production. Cet engagement représente près de 8 % du PIB annuel du Maryland, estimé à 83 milliards de dollars. Le contrat de 2,9 milliards est notable, car les paiements ne seront effectués qu’après la livraison et la validation des composants par la marine. Aucun paiement anticipé ni revenu garanti n’est prévu. Anduril devra optimiser sa production pour atteindre la rentabilité, avec un seuil estimé à 150 modules majeurs de sous-marins par an à partir de 2031. La construction débutera au premier trimestre 2027, employant 4 500 travailleurs sur trois ans et injectant 890 millions de dollars dans l’économie locale via les salaires. Les commandes de matériaux, d’une valeur de 1,2 milliard, seront principalement passées auprès de fournisseurs régionaux. Entre 2028 et 2029, l’installation d’équipements robotisés nécessitera 800 techniciens. Anduril prévoit que le chantier naval sera pleinement opérationnel d’ici fin 2030, avec une montée en puissance à partir de 2029. Les recettes fiscales locales devraient augmenter de 45 millions de dollars par an une fois l’usine en activité. L’impact économique du projet devrait dépasser les limites du chantier naval. Chaque emploi direct devrait générer environ 3,5 emplois indirects dans les services et la sous-traitance. Un écosystème de 200 à 300 petites et moyennes entreprises est attendu dans un rayon de 80 kilomètres, avec une croissance notable dans la métallurgie de précision, l’électronique embarquée et la maintenance industrielle. Le port voisin de Baltimore devrait traiter 12 000 conteneurs supplémentaires chaque année. Selon le département du Commerce du Maryland, cette dynamique pourrait ajouter 0,8 point de pourcentage au PIB de l’État entre 2027 et 2032. L’investissement de 6,6 milliards à Sparrows Point marque un tournant pour l’économie du Maryland. Au-delà des chiffres, le projet explore un nouveau modèle de partenariat public-privé axé sur les résultats. D’ici 2030, le chantier naval devrait transformer la région, passant d’une friche industrielle à un moteur économique régional et servir d’exemple pour d’autres États engagés dans la réindustrialisation. Toutefois, la capacité d’Anduril à honorer ses engagements de production pour les sous-marins de classe Virginia reste un facteur clé à surveiller.