Ceux qui n’aiment pas le vert feraient mieux d’éviter cette balade. Les autres, eux, risquent de se perdre parmi les grands chênes de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, à la recherche de cabanes, de clairières, et même d’un château ! Puis de découvrir Poissy et son riche passé. Immobile au triple galop, avec ses 3,5 tonnes de muscles saillants, elle nous accueille, totem de bronze et d’acier inoxydable. Sans détour, la statue de Ptolémée révèle la singularité de Maisons-Laffitte : c’est la ville du cheval, forte de son hippodrome et de son centre d’entraînement. Quel plaisir de flâner dans les rues arborées de cette cité au patrimoine impérial, où naquit Jean Cocteau ! D’admirer ses villas de pierre au caractère affirmé… En s’enfonçant dans ce tissu urbain agréable, un chemin s’étire comme un prélude aux bois, partie majeure de cette étape.
À lire aussi : Me voici dans ce refuge sacré, la forêt de Saint-Germain-en-Laye (3 500 ha, 54 km de sentiers), ravi, prêt à ce grand bain méditatif dans toutes les nuances de vert, éclairé çà et là par les rayons du soleil. Sous la fine architecture de sa voûte, cette forêt de chênes majestueux dévoile ses larges avenues sablonneuses, son tracé en étoile conçu pour la chasse par François Ier. À l’imposant tempérament de ce domaine forestier répondent la modestie et la malice de nombreuses cabanes et autres tentes de branchages, abris pour enfants, aventuriers, poètes… rois ? Après une longue marche, ayant traversé clairières et routes asphaltées, me voilà devant une cabane très, très grande – disons un petit château : la maison de Val, en calcaire jaune, reconvertie en hôtel de luxe. À l’origine modeste pavillon de chasse d’Henri IV, Louis XIV en fit un refuge forestier douillet et (relativement) intime, à l’écart des pressions de la cour, imaginé par un jeune architecte prometteur : Mansart.
Quittant cette demeure, je parcours une partie du sentier botanique, en dix étapes. Tout au long de cette marche en forêt, j’alternerai entre des peuplements de chênes centenaires robustes et des groupes de jeunes pousses fragiles. Plusieurs générations d’arbres s’y succèdent, révélant les dégâts subis, notamment lors de la tempête de 1999. Au bord de l’étang des Canes, d’une tranquillité absolue, poche de biodiversité, cette urgence me saisit : l’absolue nécessité de protéger ces oasis vertes face aux aléas du climat.
Retour à la civilisation : Poissy, et son merveilleux tourbillon d’histoire. Voici son prieuré, construit par Philippe le Bel (XIVe siècle), immense couvent de douze religieuses, « un très doux paradis où l’on est tous oiseaux ébahis », selon la poétesse Christine de Pisan. De cet édifice, détruit après la Révolution, subsistent une grange, un fragment de l’enceinte et de ses tours, le parc et la porte d’entrée, qui abrite aujourd’hui… le Musée du Jouet. Plus loin, la maison du peintre Ernest Meissonier (1815-1891), ancien maire de la ville, qui a immortalisé Poissy dans quelques toiles. Et la maison de fer (1896, Joseph Danly), fascinant jeu de construction à grande échelle façon Meccano. Puis, l’apothéose du spectacle : la merveilleuse collégiale, où Saint Louis fut baptisé en 1214, restaurée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Comment ne pas admirer sa silhouette à deux tours, et rêvasser devant ses gargouilles fantastiques et improbables ? La fin du périple se déroule le long de la Seine, gardée par des résidences de vacances précaires, certaines signées Théophile Bourgeois, avec leurs loggias, jeux de briques, panneaux de bois… Y venaient se rafraîchir Maupassant, Turner, Pissarro, Monet, Vlaminck… Tout un monde englouti par l’ancien pont de Poissy (XIIIe siècle), détruit en 1944, dont ne subsistent que les piles et quelques arches. Le restaurant L’Esturgeon, repaire d’artistes et de poètes, en haut, témoigne de cette histoire. À l’horizon, le fleuve coule paisiblement.
Visite de la forêt de Saint-Germain-en-Laye et des sites historiques de Poissy
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
st-germain-en-layepoissygreen-belthistorical-sitesnature-walkhorse-culture
Sources d'origine :
- 🇫🇷Télérama



