Un enfant calme et équilibré en classe peut devenir particulièrement irritable une fois passé le seuil de son domicile. Ce contraste peut déconcerter les parents, qui ne font pas toujours le lien entre le comportement de leur enfant à la maison et ce qu’ils observent en milieu scolaire. Pourtant, ce changement n’est pas forcément incohérent. « La maison est souvent l’endroit où l’enfant peut enfin se détendre », explique Cindy Felio. « À l’école, il retient beaucoup de choses : les leçons, les règles, les interactions, parfois la peur de se tromper. Il peut être très équilibré toute la journée et s’effondrer ensuite. » Cette détente ne signifie donc pas nécessairement que l’enfant réserve délibérément ses comportements les plus difficiles à ses parents. « Je dis souvent aux parents que cela ne veut pas forcément dire qu’ils ‘font tout ce qu’ils veulent à la maison’. Cela peut aussi être l’endroit où ils se sentent suffisamment en sécurité pour arrêter de ‘se retenir’. » Pour savoir quand il devient nécessaire d’approfondir ce qui se passe, Cindy Felio conseille de s’attarder « surtout sur la durée, l’intensité et l’impact sur la vie de l’enfant » : « Quelques jours plus difficiles ne m’inquiètent pas forcément. Mais si cela dure, s’intensifie, perturbe le sommeil, provoque des douleurs régulières, un refus réel d’aller à l’école ou l’abandon d’activités qu’il appréciait auparavant, alors il faut creuser. » Les parents peuvent aussi interroger l’école dès le début : « Parfois, l’enseignant voit une pièce du puzzle que les parents ne voient pas à la maison. » Les cinq signes qui peuvent révéler un stress scolaire à la maison incluent une irritabilité inhabituelle, des pleurs ou des crises émotionnelles marquées, une fatigue très importante, des maux de ventre ou de tête, et un sommeil qui devient plus fragile. L’irritabilité inhabituelle est le premier signe mentionné par la psychologue : l’enfant peut sembler bien plus facilement agacé une fois à la maison, alors qu’aucune difficulté particulière n’a été signalée en classe. Les pleurs ou les crises émotionnelles marquées sont aussi des indicateurs, les parents rapportant souvent des enfants qui pleurent sans raison apparente. Une fatigue très importante peut survenir après avoir mobilisé une grande partie de leurs ressources pendant la journée. Le stress peut aussi s’exprimer par le corps, comme des manifestations physiques telles que des maux de ventre ou des maux de tête, particulièrement observés dans les cas où un enfant a mal au ventre tous les matins. Un sommeil qui devient plus fragile peut se traduire par une anticipation de la journée suivante, un endormissement plus long, des réveils nocturnes ou un besoin accru de réconfort. Parfois, l’accumulation de ces manifestations permet de comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’incidents isolés : « Pris séparément, ces signes peuvent sembler anodins. Mais lorsqu’ils s’assemblent, ils peuvent raconter une histoire de préoccupation croissante, ou d’un problème à l’école que l’enfant n’arrive pas encore à verbaliser. » D’autres changements peuvent compléter le tableau, comme de petites régressions telles que des accidents de pipi au lit, un besoin accru d’aide, un langage plus enfantin ou un besoin de proximité plus marqué. Il en va de même lorsque l’enfant semble soudainement bien plus distrait. « On peut aussi constater l’émergence d’une baisse de l’attention ou de la disponibilité mentale. » Elle ajoute que parfois « ce n’est pas forcément un problème d’attention en soi, mais plutôt qu’une grande partie de leur énergie est déjà mobilisée ailleurs. »