Marble, une startup parisienne, a levé 6,5 millions d’euros lors d’un tour de table de série A mené par SMARTFIN, avec des contributions supplémentaires de ADNEXUS, PASSION CAPITAL et 42CAPITAL. Ce financement porte le total des fonds levés par l’entreprise à 9 millions d’euros. Marble développe une plateforme open source conçue pour détecter les fraudes financières et garantir la conformité avec les réglementations anti-blanchiment (LCB-FT) et de lutte contre le financement du terrorisme (LCFT). La plateforme vise à remplacer les outils traditionnels, souvent jugés trop lents à s’adapter aux nouveaux risques et aux évolutions réglementaires. Fondée par Arnaud Schwartz et Pascal Delange, la plateforme de Marble propose une infrastructure de conformité plus flexible et configurable. Cela permet aux institutions financières de s’adapter aux risques changeants sans avoir à mener de longs projets informatiques. La plateforme intègre un moteur de décision en temps réel qui surveille les transactions, filtre les risques de blanchiment, gère les enquêtes et modifie les règles de détection. Son architecture open source permet aux institutions de conserver le contrôle de leurs données et d’intégrer leurs propres outils de know-your-customer (KYC) ainsi que leurs fournisseurs de listes de sanctions. Le règlement européen AMLR, qui entrera en vigueur le 10 juillet 2027, devrait accroître la demande pour ce type de solutions. Ce texte introduit un ensemble de règles directement applicables dans toute l’Union européenne, tandis qu’une nouvelle autorité européenne, AMLA, renforcera la supervision du secteur. Cette échéance réglementaire devrait inciter les institutions financières à revoir l’efficacité de leurs contrôles, politiques, données et systèmes. L’approche de Marble répond aux préoccupations concernant la résidence des données et le contrôle des modèles en proposant un déploiement sur l’infrastructure propre du client. Cela permet de conserver les données de transaction et d’enquête au sein de l’environnement de l’institution. L’entreprise indique que plus de 100 institutions utilisent actuellement sa plateforme dans 15 pays, dont près de 70 % de ses clients situés en dehors de la France. Environ 70 % de ces clients ont choisi Marble pour remplacer des solutions existantes. La startup fait face à une concurrence à la fois de grands acteurs établis comme NICE ACTIMIZE, ORACLE Financial Crime and Compliance Management, SAS, FICO, BAE SYSTEMS NetReveal et FISERV, ainsi que de nouveaux spécialistes tels que COMPLYADVANTAGE, NAPIER AI, HAWK AI, THETARAY et LUCINITY. HAWK AI est notamment cité comme un concurrent européen significatif dans le domaine de la surveillance transactionnelle et de l’IA explicable. Marble prévoit d’utiliser les fonds levés pour automatiser la production de règles, améliorer le traitement des alertes et des enquêtes, intégrer des agents dans les flux de travail et renforcer ses capacités de déploiement client. L’entreprise vise à dépasser les 5 millions d’euros de revenus annuels récurrents (ARR) d’ici 2027 en faisant migrer sa base d’utilisateurs actuelle vers des contrats d’entreprise incluant le soutien nécessaire, la sécurité, les connecteurs et la gouvernance. Le besoin d’explicabilité des modèles d’IA est souligné, car la conformité exige une traçabilité et une justification des décisions devant les auditeurs, les régulateurs ou les équipes de gestion des risques. Cette exigence s’applique également aux déploiements d’IA dans d’autres secteurs réglementés.