Un exosquelette français pour patients atteints de SLA semble ralentir la progression de la maladie et améliorer la mobilité, offrant un espoir à ceux touchés par la maladie de Charcot.
Prévalence de la SLA en France
Environ 8 000 personnes vivent en France avec la maladie de Charcot, également appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative rare qui affecte progressivement les motoneurones du cerveau et de la moelle épinière. Les patients perdent peu à peu leur fonction musculaire, ce qui conduit à la paralysie, et les solutions thérapeutiques restent limitées.Recherche sur un exosquelette innovant
Pierre-François Pradat et son équipe du laboratoire d'imagerie biomédicale à Paris explorent de nouvelles approches de prise en charge à l'aide d'Atalante X, un exosquelette de rééducation développé par Wandercraft. Conçu et fabriqué entièrement en France, cet appareil permet aux patients souffrant de troubles de la marche à des degrés divers de se tenir debout, de se déplacer et de faire de l'exercice sans utiliser leurs mains, offrant un niveau de mobilité généralement associé à un fauteuil roulant.Caractéristiques technologiques de l'exosquelette
Atalante X est décrit comme une prouesse technologique, sa structure robotisée étant capable de se stabiliser de manière autonome afin d'assurer des déplacements sûrs pour l'utilisateur. L'exosquelette dispose de différents modes de marche, permettant à la fois des pas stables, moins physiologiques, pour gagner en confiance, et une marche plus réaliste qui imite des mouvements naturels, non pathologiques.Détails de l'essai clinique
L'appareil a été testé sur une dizaine de patients atteints de SLA pendant quatre mois et demi. Les évaluations ont porté sur différents aspects de leur état, notamment la force musculaire, la capacité à marcher, l'équilibre, le contrôle postural, la capacité pulmonaire, la spasticité, ainsi que des facteurs psychologiques tels que la douleur, la fatigue, l'anxiété, la dépression et la qualité de vie.Premiers résultats et limites
Les premiers bénéfices cliniques observés sont encourageants : la progression des symptômes et de la maladie semble ralentir pendant la phase d'entraînement. Ces effets semblent en partie persister après l'arrêt de l'utilisation de l'exosquelette. Toutefois, le faible nombre de participants et l'hétérogénéité de leurs symptômes signifient que les résultats ne sont pas statistiquement significatifs.Apports scientifiques et recherches futures
L'étude, qui a donné lieu à plusieurs publications scientifiques, a permis aux chercheurs d'identifier des marqueurs cliniques quantitatifs et fiables de la progression de la maladie, une première dans la littérature. La prochaine étape pour les chercheurs consiste à déterminer les mécanismes qui expliquent ces améliorations, qu'il s'agisse de progrès musculaires, d'une meilleure transmission nerf-muscle ou d'une plasticité accrue au niveau de la moelle épinière ou du cerveau. De nombreuses questions restent sans réponse.