Les finances publiques du Gabon subissent une pression croissante, les intérêts de la dette explosant et absorbant près d'un cinquième des recettes, au-delà des limites régionales.
Hausse des intérêts de la dette pesant sur les finances du Gabon
Les finances publiques du Gabon sont de plus en plus sous pression en raison d'une hausse de 28 % des paiements d'intérêts de la dette en 2025. Cette augmentation a contraint le gouvernement à affecter une part importante de ses recettes au service de la dette, réduisant sa capacité à financer d'autres priorités.Le remboursement de la dette absorbe une large part des recettes
En 2025, le gouvernement gabonais a dépensé 530 milliards de francs CFA (environ 900 millions de dollars) en intérêts, soit environ un cinquième de l'ensemble de ses recettes publiques. Ce montant équivaut au budget combiné de la santé et de l'éducation, selon la note de perspectives économiques 2026.Coûts élevés du service de la dette et dégradation de la notation
Le rapport souligne que les intérêts versés par le Gabon en 2025 ont atteint 4,1 % du PIB, un niveau égal au budget combiné de la santé et de l'éducation. Cette hausse s'explique en partie par le renchérissement de l'emprunt, la hausse des taux d'intérêt et la baisse de la notation de crédit du pays. Fitch Ratings a abaissé la note du Gabon de B- à CCC- au cours de l'année 2025.La dette publique atteint 80 % du PIB
La dette publique du Gabon, y compris les arriérés, a atteint 80 % du PIB en 2025, dépassant le seuil de 70 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Environ un tiers de cette dette est due à des créanciers extérieurs, notamment des institutions multilatérales et des investisseurs internationaux.Les arriérés envers les fournisseurs locaux et les employés augmentent
Le gouvernement a également accumulé des arriérés envers des fournisseurs locaux, des employés et des contribuables en attente de remboursements de TVA. Ces arriérés ont atteint 3,3 % du PIB en juin 2026, contre 1,9 % en décembre 2024, ce qui reflète des difficultés persistantes de trésorerie.Les dépenses publiques dépassent le budget
Les dépenses publiques en 2025 ont dépassé le budget approuvé de près de 150 %, sous l'effet des investissements publics, des dépenses liées aux élections et d'engagements imprévus. Parallèlement, les recettes publiques sont tombées à moins de 21 % du PIB en 2025, contre 23,3 % en 2024, en grande partie en raison de la baisse des recettes pétrolières.Recommandations pour stabiliser la dette
La note de perspectives suggère que la stabilisation de la dette du Gabon passe par une amélioration du recouvrement des recettes, un contrôle plus strict des dépenses publiques et une sélection rigoureuse des investissements publics. Réduire le recours à l'emprunt et éviter de nouveaux arriérés sont essentiels pour préserver les relations avec les créanciers et les fournisseurs.