Les infirmières françaises s'unissent pour des réformes

Les infirmières françaises, qu'elles travaillent pour le secteur public ou qu'elles exercent en cabinet libéral, se mobilisent ensemble pour réclamer des changements dans le système de santé. Elles se préparent à présenter un ensemble de revendications communes à l'approche de l'élection présidentielle française d'avril et mai. L'accent est mis sur l'amélioration de l'accès aux soins, une préoccupation majeure pour le public.

Réclamer moins de charges administratives

Les infirmières expriment leur frustration face à la lourdeur de la charge administrative qui pèse sur elles. Elles souhaitent que l'Assurance maladie prenne davantage en charge la gestion des risques, qu'elles jugent aujourd'hui trop contraignante. Beaucoup se sentent dépassées par les procédures de facturation et vivent dans une incertitude administrative permanente. La Fédération nationale des infirmiers (FNI) demande également un service de santé au travail spécifiquement destiné aux praticiens libéraux.

La formation, une solution pour les infirmières libérales

Le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) réclame une formation obligatoire avant que les infirmières puissent ouvrir leur propre cabinet. Cette formation leur permettrait de mieux comprendre l'écosystème de santé local et d'améliorer leur qualité de vie. Selon John Pinte, du Sniil, cette formation aiderait les infirmières à installer leur activité avec une vision plus large de l'environnement de soins, au-delà des seuls actes infirmiers.

Une loi pour alléger la charge de travail des infirmières

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) milite pour la mise en œuvre d'une loi adoptée en 2025 qui fixe un nombre minimum de soignants par patient hospitalisé. Cette loi vise à garantir une meilleure sécurité et une meilleure qualité des soins. Les infirmières françaises prennent actuellement en charge deux fois plus de patients que leurs homologues européennes, et leur charge de travail a doublé en quinze ans. Cela a entraîné davantage de stress et des conséquences négatives pour les patients, notamment des séjours hospitaliers plus longs et des taux de réhospitalisation plus élevés.

Des salaires qui stagnent

La question des salaires est une préoccupation majeure, car ils constituent la deuxième cause de démotivation chez les agents du secteur public. Les infirmières françaises sont moins bien rémunérées que leurs homologues dans d'autres pays européens. Depuis 2010, les salaires des infirmières du secteur public n'ont progressé que de 6 %, alors que le coût de la vie a augmenté de 28 %. Leur pouvoir d'achat s'en trouve nettement réduit, ce qui contribue à un fort taux de départ dans la profession.

Des mesures pour améliorer le niveau de vie

La FNI réclame des mesures destinées à améliorer les conditions de vie des infirmières libérales, notamment un « stabilisateur carburant ». Ce dispositif lierait leurs revenus aux tarifs remboursés par l'Assurance maladie, afin de compenser les fluctuations des prix du carburant. Le Sniil demande également une aide pour l'achat de véhicules électriques par les infirmières libérales, dans le cadre d'un soutien plus large à la mobilité.

Élargir le rôle et les responsabilités des infirmières

Toutes les organisations partagent la volonté de permettre aux infirmières de mobiliser l'ensemble de leurs compétences. Malgré de nouvelles lois leur accordant davantage de responsabilités, leur mise en œuvre a pris du retard. Thierry Amouroux, du SNPI, affirme qu'aucune consultation infirmière n'a été mise en place, ni dans le secteur public ni dans le secteur privé, et que l'impulsion doit venir des services de soins. Ce retard fait perdre du sens à la profession.

Un accès direct pour les patients

Les infirmières libérales souhaitent élargir l'accès direct aux infirmières, notamment dans des domaines comme la dépendance et l'autonomie. John Pinte, du Sniil, soutient cette demande en rappelant que les infirmières peuvent déjà évaluer les patients à l'aide du bilan de soins infirmiers (BSI) et souhaitent étendre ce rôle. La FNI veut également instaurer des consultations infirmières en santé mentale, ce qui, selon elle, renforcerait l'attractivité de la profession. Daniel Guillerm conclut que les infirmières veulent des solutions concrètes qui les placent au cœur du repérage précoce et de l'orientation des patients.