Le dépistage du cancer du sein varie selon les zones de la Corse

La participation aux programmes organisés de dépistage du cancer du sein est inégale en Corse : 43,7 % des femmes de Haute-Corse y participent, contre seulement 27,6 % en Corse-du-Sud. La moyenne nationale est de 45,7 %, selon Santé publique France.

La distance par rapport aux cabinets est un obstacle majeur

Le docteur Eric Marmouset, président de l'Union régionale de la Fédération nationale des radiologues en Corse, explique que la distance qui sépare les cabinets de radiologie constitue un défi important pour certains patients. Il souligne que, si des cabinets existent dans plusieurs villes, les patients du sud doivent parfois faire une heure de route pour en atteindre un.

Les délais de rendez-vous compliquent encore l'accès

Outre la distance, les délais de rendez-vous peuvent atteindre plusieurs semaines. Le docteur Marmouset affirme que les patients doivent parfois attendre deux mois pour une mammographie de dépistage, ce qui peut les décourager de participer au programme.

Le nombre réduit de radiologues limite les capacités de dépistage

Le nombre de radiologues formés à la réalisation des dépistages du cancer du sein constitue également un problème. Le docteur Marmouset souligne que les professionnels formés sont de moins en moins nombreux et que les jeunes radiologues sont moins enclins à s'installer en Corse. Cette pénurie devrait s'aggraver avec les départs à la retraite à venir.

Les futures pénuries menacent les soins de santé

Le docteur Marmouset met en garde : d'ici deux ans et demi, il ne resterait peut-être que deux ou trois radiologues à Bastia, contre quinze aujourd'hui. Cette baisse, conjuguée à une population vieillissante et croissante, pourrait gravement affecter l'offre de soins dans la région.

La détection précoce améliore les chances de guérison

Le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans, qui sont invitées à passer une mammographie tous les deux ans. La détection précoce est essentielle, car les cancers découverts grâce au dépistage peuvent mesurer aussi peu que 5 mm, ce qui améliore considérablement les chances de guérison.

La double lecture réduit les erreurs de dépistage

Une caractéristique essentielle du processus de dépistage est la double lecture des mammographies. Après une première analyse par un radiologue, une seconde lecture indépendante est effectuée, sur place ou à distance, afin de réduire les erreurs et de garantir la fiabilité des résultats.

Le dépistage reste une priorité de santé publique

Malgré ces difficultés, le cancer du sein demeure la première cause de mortalité par cancer chez les femmes en France, avec 12 000 décès par an. Améliorer l'accès au dépistage constitue donc une priorité de santé publique majeure, selon le docteur Marmouset.