Avant la résidence Les Terrasses de Lozari, située à quelques centaines de mètres de la plage, des membres du mouvement indépendantiste Core in Fronte se sont rassemblés ce samedi matin. Le lieu n’a pas été choisi au hasard : il est emblématique pour le mouvement, qui est venu dénoncer ce qu’il qualifie de « colonisation par l’implantation » et de dépossession foncière. Cette mobilisation a été déclenchée par une résolution inscrite à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l’association des copropriétaires, prévue le 22 octobre dans un hôtel de L’Île-Rousse. Un propriétaire a proposé que les prochaines assemblées générales se tiennent à Paris, arguant que la majorité des copropriétaires résident hors de Corse et que cela faciliterait leur participation. Selon le porte-parole, cette proposition dépasse le simple cadre de l’organisation d’une réunion de copropriétaires. Le mouvement estime en effet que la multiplication des résidences secondaires et des investissements immobiliers extérieurs contribue à éloigner progressivement les résidents de l’accès à la propriété. Dans son communiqué, Core in Fronte évoque également la croissance démographique de la Corse, tirée principalement par les arrivées depuis le continent. Pour le mouvement, ce phénomène représente une menace pour l’équilibre démographique, culturel et social de l’île.
Félix Benedetti, figure de Core in Fronte, présent lors de cette conférence de presse, a élargi la réflexion à la question du modèle économique des résidences touristiques. Pour lui, Les Terrasses de Lozari constituent un exemple particulièrement révélateur des dérives qu’il dénonce. L’activiste souligne aussi la présence de nombreux coffres-forts, qu’il associe à l’essor des locations touristiques de courte durée et à la gestion à distance des logements. Selon Félix Benedetti, ce modèle contribue à alimenter la hausse des prix de l’immobilier tout en réduisant les opportunités de logements permanents pour les résidents. Il estime que les bénéfices économiques devraient davantage profiter aux entreprises et aux habitants de l’île, depuis la construction des logements jusqu’à leur entretien, leur gestion et leur location.
Au-delà du cas spécifique de Lozari, Core in Fronte souhaite placer la question du statut de résident au cœur du débat politique. En 2014, l’Assemblée de Corse avait adopté une proposition instaurant une période de cinq ans de résidence permanente pour être éligible à l’achat de biens immobiliers ou de terrains. Une première étape pour le mouvement indépendantiste, qui défend depuis longtemps un dispositif plus restrictif, basé sur dix ans de résidence permanente en Corse. Pour Core in Fronte, cinq ans ne constituent pas nécessairement une durée suffisante. « Nous défendons plutôt dix ans, mais le vote de 2014 peut représenter une première étape dans la lutte contre la spéculation immobilière et la dépossession foncière », précise Battì Lucciardi. Le mouvement salue également la mobilisation récente de plusieurs maires corses en faveur de la mise en place d’un tel dispositif, ainsi que les initiatives prises dans différentes communes, notamment à Bastia. « J’accueille favorablement la mobilisation de ces maires. Leur démarche est importante, car elle permet de replacer cette revendication historique au premier plan du débat politique. »
Pour Core in Fronte, le statut de résident devrait aussi s’inscrire dans le processus d’évolution institutionnelle actuellement discuté au Parlement français. Le mouvement considère que cette mesure pourrait constituer un premier instrument de régulation du marché immobilier, avant d’ouvrir, à plus long terme, la voie à une citoyenneté corse. Une revendication qui soulève également des questions sur le cadre juridique. Bien que le statut de résident reste une demande historique du mouvement nationaliste, sa mise en œuvre pose d’importantes questions constitutionnelles et légales, notamment en termes d’égalité devant la loi et de liberté de circulation des capitaux. Core in Fronte estime néanmoins que ces obstacles devraient être surmontés dans le cadre du processus d’autonomie. Le mouvement cite plusieurs dispositifs existants dans certains territoires européens, qu’il juge capables d’alimenter la réflexion sur une régulation adaptée à la situation insulaire. Pour ses représentants, l’objectif est de limiter les achats immobiliers spéculatifs, de protéger l’accès au logement permanent et de mieux réguler le développement du tourisme.
« Nous continuerons à être présents sur le terrain. » À Lozari, les militants ont ainsi voulu donner une illustration concrète d’un débat souvent abordé uniquement sous un angle institutionnel. « Il était important de venir ici, de montrer ce qui se passe vraiment. » Aujourd’hui, ils sont accompagnés d’activistes de Balagne et de Corse centrale. Core in Fronte promet de poursuivre sa mobilisation sur le terrain, assure Battì Lucciardi. De son côté, Félix Benedetti appelle à une prise de conscience collective des conséquences du développement immobilier. « Il y a une histoire, une culture, un peuple ici. On ne peut pas considérer la Corse comme un simple territoire. Il est nécessaire que notre jeunesse puisse trouver un logement et que la richesse produite sur notre terre profite d’abord à son développement. » Par cette mobilisation, Core in Fronte entend donc faire du cas de Lozari un symbole de sa lutte contre la spéculation immobilière et pour la reconnaissance des droits du peuple corse.
Quant à la résolution proposant le transfert des assemblées générales des copropriétaires à Paris, elle devra encore être soumise au vote des copropriétaires lors de leur prochaine réunion du 22 octobre. Une échéance que le mouvement indépendantiste compte suivre de près, tout en réaffirmant son slogan : « A francisata basta ! »
Le mouvement indépendantiste corse manifeste contre la proposition de propriété foncière
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
core-in-frontecorsicareal-estateindependence-movementland-dispossession



