Le Rassemblement National fait l'objet de critiques concernant son plan budgétaire, qui repose sur des économies non démontrées liées à la baisse de l'immigration et à la réduction des financements européens.
Le budget du RN critiqué pour son manque de crédibilité
Le projet de budget du Rassemblement national (RN) est critiqué pour reposer sur deux arguments principaux : les économies liées à l’arrêt de l’immigration et la réduction de la contribution financière de la France à l’Europe. Les critiques estiment que le plan manque de fondements économiques crédibles et repose sur des affirmations anciennes et controversées.Une position historique sur l’immigration remise en question
La position du RN sur l’immigration n’a pas changé depuis le « rapport Milloz » de 1990, rédigé par un diplômé de l’ENA et ancien responsable du FN, qui affirmait que l’immigration ne coûte rien et n’apporte aucun bénéfice. Cette position est jugée dépassée et non étayée par les analyses économiques actuelles.Des obstacles juridiques et politiques à la réduction des contributions à l’UE
Le parti n’a pas reconnu que réduire la contribution financière de la France à l’Europe exige l’accord unanime des États membres. Cela nécessiterait également une majorité parlementaire et pourrait impliquer une sortie de l’Union européenne, une option que le RN a officiellement écartée en raison de la perte des financements européens.L’équipe budgétaire du RN manque d’expérience administrative
« L’homme du budget » du RN, le député Jean-Philippe Tanguy, a un parcours dans le monde des affaires et de l’enseignement, mais n’a pas d’expérience administrative. Le parti affirme que ses électeurs préfèrent des experts issus de ses propres rangs, issus de mouvements souverainistes, plutôt que les « Mozart de la finance », c’est-à-dire des technocrates au parcours universitaire.Les experts cités ne correspondent pas toujours aux politiques du RN
Le RN cite des experts comme Jacques Rueff et Maurice Allais, mais Allais était favorable au libre-échange entre pays économiquement comparables et ne prônait une protection que contre le dumping. Le cercle d’experts du parti, le cercle de réflexion Horaces, compte des hauts fonctionnaires, mais leur participation reste discrète et ne constitue pas un avantage de carrière.Incertitude sur le rôle futur des hauts fonctionnaires
Si le RN accède au pouvoir, il reste incertain que les hauts fonctionnaires des grands organismes publics soutiennent le nouveau gouvernement, que ce soit en poursuivant leur service public ou par conviction personnelle. Certains anciens experts ont déjà quitté le parti.