Tahiti, le 6 octobre 2026 – Une page sur les réseaux sociaux appelle les élèves à bloquer le lycée Paul-Gauguin dès 6 heures mercredi matin. Ce mouvement, né en France métropolitaine, a gagné Tahiti après des actions similaires dans La Réunion et aux Antilles. Le compte blocus_lpg, qui comptait 210 abonnés hier, en affiche désormais 300. L’appel vise à faire entendre les préoccupations des élèves sur leurs conditions d’études et l’efficacité de la mobilisation, même si tous ne soutiennent pas cette action. Les élèves du lycée Paul-Gauguin dénoncent plusieurs problèmes : des toilettes « sales », des portes « inexistantes » dans les toilettes des garçons, des plafonds qui « s’effondrent » dans certaines salles à cause des pigeons et des rats, un bâtiment dont le plafond est fragilisé, la présence d’amiante dans certaines zones, le remplacement tardif des professeurs absents, une infirmière « presque jamais présente » et une fatigue accumulée en raison d’une journée scolaire s’étendant de 7 heures à 17 heures. Le logiciel Parcoursup, utilisé pour les admissions à l’université, est aussi une source de stress, qualifié de « stressant » et « aléatoire ». Nirina, une élève, évoque l’absence de soutien de l’équipe enseignante : « Jusqu’au bac blanc d’avril, on ne savait même pas comment se passerait l’examen. » Elle raconte avoir obtenu 10 à son bac de français alors que sa moyenne générale était de 15. Florian, un autre lycéen, explique que la fatigue est aussi liée au réveil à 5 heures, car le système d’alarme du lycée a dysfonctionné, repoussant le début des cours à 7 heures. Pourtant, certains élèves ne se reconnaissent pas dans ce mouvement. Ils estiment que la colère venue de France métropolitaine, alimentée par la perspective de l’élection présidentielle, ne les concerne pas, car la politique nationale et présidentielle « ne nous intéresse pas du tout ». Un élève juge même que se plaindre des toilettes est « un peu limitant » et préfère militer pour des causes plus justes, comme l’amélioration des conditions des élèves de Moorea, contraints de se lever très tôt pour une journée de cours complète. Zoé et Anita, 14 ans, trouvent quant à elles que les conditions au lycée sont « trop bonnes » et suspectent les organisateurs d’agir « par effet de mode ». Florian anticipe un faible engagement : « Ça va durer le temps d’un clic, on est à Tahiti, on ne sera pas 4 000 dans la rue. » Côté sécurité, une équipe de la police nationale est déjà positionnée à proximité du lycée Paul-Gauguin depuis lundi. La police municipale effectuera des patrouilles à partir de 7 h 30 mercredi, si nécessaire. Les élèves ne s’attendent pas à une escalade majeure : « Ici, je ne pense pas que la police ferait ça. » Le résultat de ce possible blocage sera connu dès 6 heures mercredi, lorsque les 1 500 élèves du lycée – sur environ 11 200 à Tahiti – devront décider s’ils participent ou non.