Fukushima illustre des alertes scientifiques ignorées, révélant des lacunes mondiales dans l'intégration de la science aux politiques et une confiance publique en recul.
Centrale de Fukushima construite malgré les risques de tsunami
La centrale nucléaire de Fukushima, sur la côte est du Japon, a été construite malgré des avertissements géologiques sur les risques de tsunami. Les scientifiques avaient depuis longtemps relevé des traces sédimentaires de tsunamis passés, mais les responsables politiques ont privilégié les inquiétudes liées à la présence militaire de la Corée du Nord sur la côte ouest, ce qui a conduit à la construction de la centrale.Absence généralisée de systèmes de conseil scientifique
Quatre-vingt-dix pour cent des parlements dans le monde ne disposent pas de systèmes structurés pour intégrer les avis scientifiques à l'élaboration des politiques. Bien que les scientifiques fournissent fréquemment des rapports techniques et des modèles prédictifs, ces apports sont souvent exclus des processus législatifs.Méfiance croissante envers les institutions scientifiques
Une série d'articles publiés cette année dans Nature a examiné le recul de la confiance du public envers les institutions scientifiques, en particulier dans les pays occidentaux. Le discours populiste et les réseaux sociaux ont contribué à donner l'image de scientifiques formant une élite déconnectée de la population générale.La confiance du public envers la science s'érode
Les sondages montrent que la confiance envers les institutions scientifiques a diminué, certaines personnes accordant davantage de crédit à leur famille, à leurs amis ou à des leaders religieux qu'à la science. La désinformation sur les réseaux sociaux, en particulier sur la santé et les sciences, a aggravé cette tendance, les sentiments antivaccins persistant malgré les preuves de l'efficacité des vaccins.La polarisation politique influence la confiance envers la science
La polarisation politique influence la manière dont le public perçoit la science. Dans certains pays, les scientifiques sont perçus comme penchant à gauche, ce qui leur vaut le soutien des groupes progressistes, mais pas celui des groupes conservateurs. La confiance envers la science varie également selon les régions et est influencée par des facteurs comme la religion et le niveau d'études.Les réseaux sociaux façonnent la compréhension scientifique
Des plateformes comme YouTube constituent une source principale d'information scientifique pour de nombreuses personnes, mais la qualité des contenus varie énormément. La désinformation se propage rapidement, en particulier chez les jeunes publics. Par ailleurs, certains systèmes éducatifs privilégient les matières littéraires au détriment des sciences, ce qui pourrait contribuer à une culture scientifique plus faible.Initiatives pour améliorer la communication scientifique
Des initiatives comme celles du Conseil danois de la technologie visent à combler le fossé entre les scientifiques et le public. Des réunions publiques sur des sujets scientifiques sont organisées pour éclairer les politiques publiques et renforcer la confiance. Ces efforts s'inscrivent dans un mouvement plus large visant à améliorer l'éducation scientifique et à intégrer les avis scientifiques dans la prise de décision publique.