Les pressions occidentales sur les élections palestiniennes remises en question

Rami Abou Jamous, qui écrit pour Orient XXI, remet en question les pressions exercées par les pays occidentaux sur les Palestiniens pour qu'ils organisent des élections législatives alors que Gaza et la Cisjordanie traversent une crise profonde. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a reporté d'un an les élections prévues, une décision qui serait contestée par la France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie.

La situation désastreuse de Gaza

Abou Jamous souligne que la situation actuelle à Gaza est dramatique, l'enclave ayant été réduite à 30 % de sa superficie initiale. La population survit dans la pauvreté, sous des abris de fortune, et subit des frappes de missiles et des attaques de drones quotidiennes, ce qui rend l'organisation d'élections extrêmement difficile.

Les défis logistiques de l'organisation d'élections

Il met en lumière les obstacles logistiques à la tenue d'un scrutin, rappelant que la commission électorale n'a pas le droit d'entrer à Gaza. Le matériel nécessaire, notamment les urnes, l'encre et le papier, ne peut pas être importé, et les observateurs internationaux ne pourraient pas non plus participer, en raison du conflit en cours et des restrictions imposées.

Appels à l'aide humanitaire

Abou Jamous soutient qu'avant de faire pression sur l'Autorité palestinienne pour qu'elle organise des élections, les pays occidentaux devraient exiger d'Israël qu'il augmente l'aide humanitaire. Il réclame également que davantage de Palestiniens puissent accéder à des soins médicaux et que soient autorisées les importations de produits essentiels tels que les briquets, les matériaux de construction et l'eau.

Critique de l'occupation israélienne

En Cisjordanie, Abou Jamous dénonce l'occupation israélienne, notamment le mur de séparation et la présence de colons armés. Il évoque les agressions dont ont été victimes une journaliste américaine et un maire français, et s'interroge sur la faisabilité d'élections en Cisjordanie dans les conditions actuelles.

Inquiétudes quant à une victoire du Hamas

Abou Jamous exprime des craintes quant aux conséquences possibles d'une victoire du Hamas aux élections. Il rappelle que les pays occidentaux avaient rejeté les résultats du scrutin de 2006, remporté par le Hamas, et estime que la position actuelle sur les élections palestiniennes est incohérente.

Stratégie israélienne et contrôle de l'occupation

Il avance que la pression en faveur d'une réforme palestinienne relève d'une stratégie israélienne visant à gagner du temps et à maintenir le contrôle. Il rappelle que l'occupation israélienne contrôle les infrastructures, l'éducation et la vie quotidienne dans les territoires palestiniens, l'Occident étant souvent complice de ces pratiques.

Un report décidé par plusieurs factions

Abou Jamous insiste sur le fait que tous les Palestiniens souhaitent des élections, mais à condition de disposer d'une véritable souveraineté et de voir prendre fin les souffrances qu'ils endurent. Il précise que la décision de reporter le scrutin n'a pas été prise par Mahmoud Abbas seul, mais par différentes factions palestiniennes, dont l'OLP, le Hamas et le Jihad islamique, pour des considérations politiques et en raison de l'agitation qui gagne la population.