Les agriculteurs de la région des Hauts-de-France, dans le Pas-de-Calais, signalent des vols dans leurs champs, et ce, avant même le début officiel de la saison des récoltes. Dans le village de Roquetoire, Laurianne Celers-Blanquart, exploitante de la ferme Vallée-Roquetoire, a découvert fin août un outil de jardinage volé, utilisé pour arracher des plants de pommes de terre. Le 10 septembre, elle a constaté un nouveau vol dans son champ, et deux jours plus tard, un agriculteur voisin a surpris les voleurs en flagrant délit. Au moins cinquante plants de pommes de terre ont été dérobés, représentant près de cent kilogrammes. Celers-Blanquart a qualifié ces pertes de difficiles à accepter, d’autant plus que son champ devait être ouvert au glanage — cette pratique qui consiste à récupérer les récoltes restantes après les moissons pour limiter le gaspillage alimentaire. Bien qu’elle soutienne le glanage, elle a souligné l’importance de respecter des règles précises pour garantir que cette activité soit menée de manière éthique et légale. À quelques kilomètres de là, un couple de retraités glanait en conformité avec les règles, après avoir obtenu l’autorisation du propriétaire des terres. Dans le village voisin de Blendecques, Stéphane, un habitant, a déclaré avoir vu un tracteur arracher des pommes de terre et a demandé l’autorisation avant de participer à cette activité. Avec quarante-deux ans d’expérience dans le secteur agricole, il a tenu à préciser qu’il n’a jamais volé de travail. Stéphane a reconnu que le glanage est une pratique acceptable, mais il a clairement indiqué que profiter des récoltes avant la date officielle de la moisson ne l’est pas. À ce stade précoce, a-t-il expliqué, les pommes de terre ne sont pas encore prêtes à être consommées et ne conviennent pas au glanage. Ces incidents illustrent la tension entre la pratique du glanage et la nécessité de respecter les périodes et les conditions de la récolte. Les agriculteurs s’inquiètent des accès non autorisés à leurs champs, qui peuvent entraîner des pertes importantes et perturber le processus agricole. À l’approche de la saison des moissons, les autorités locales et les communautés agricoles devraient se pencher sur ces questions pour concilier la réduction du gaspillage alimentaire et la protection des intérêts des agriculteurs.