Yves Tramblay, hydrologue à l’Institut de recherche pour le développement, estime que la capture de l’eau pendant les mois d’hiver pour une utilisation estivale pourrait constituer une stratégie viable. Cette méthode consiste à collecter et stocker l’eau lorsqu’elle est plus abondante, puis à l’utiliser pendant les périodes plus sèches, lorsque la demande est plus forte. De telles techniques sont souvent employées dans les régions où les variations saisonnières de la disponibilité de l’eau sont marquées. Tramblay met cependant en garde : cette solution, prise isolément, ne suffit pas à résoudre tous les défis liés à l’eau. Il établit un parallèle avec l’idée d’installer des climatiseurs partout pour faire face aux vagues de chaleur, soulignant que si ces mesures peuvent apporter un soulagement, elles ne traitent pas les causes profondes du problème. Dans les régions confrontées à une pénurie d’eau croissante en raison du changement climatique et de la croissance démographique, les solutions doivent être multiples. La capture et le stockage de l’eau peuvent s’inscrire dans une stratégie plus large, incluant l’amélioration de l’efficacité hydrique, l’investissement dans les infrastructures et la mise en place de pratiques de gestion durables. Ces efforts visent à garantir que les ressources en eau sont utilisées de manière judicieuse et équitable. La vision de Tramblay met en lumière la nécessité d’une planification globale et d’innovations en matière de gestion de l’eau. Si la capture hivernale de l’eau représente une étape concrète, elle doit s’accompagner d’autres mesures pour bâtir un système résilient, capable de s’adapter aux conditions environnementales changeantes. Ses réflexions alimentent les débats en cours sur la manière d’assurer la sécurité hydrique de façon durable.