La France se classe deuxième au monde pour l'incidence du cancer du sein, avec des taux de mortalité supérieurs à ceux de nombreux pays européens, appelant à des réformes environnementales et politiques.
La France se classe deuxième pour les taux de cancer du sein
Un rapport parlementaire publié le 21 octobre révèle que la France affiche le deuxième taux de cancer du sein le plus élevé au monde, avec 103,4 cas pour 100 000 femmes en 2024. Le pays n'est devancé que par l'Australie en matière d'incidence.Des taux de mortalité plus élevés en France
Le rapport montre également que les taux de mortalité par cancer du sein en France sont supérieurs aux moyennes mondiale et européenne. Pour les femmes âgées de 0 à 85 ans, le taux de mortalité est supérieur de 45 % à celui de l'Espagne, et pour les femmes de moins de 49 ans, il est supérieur de 82 % à celui de la Norvège et de la Suisse.Les facteurs environnementaux sous le feu des critiques
Le rapport suggère que des facteurs environnementaux, tels que les perturbateurs endocriniens et les pesticides, pourraient contribuer à la forte prévalence du cancer du sein. Il souligne que ces facteurs ne sont pas entièrement expliqués par une consommation plus élevée d'alcool et de tabac ou par l'obésité, des phénomènes également présents dans d'autres pays.Mesures proposées pour répondre au problème
Le rapport recommande un programme de recherche multidisciplinaire axé sur les causes environnementales. Il propose également d'interdire les perturbateurs endocriniens dans les produits de consommation et les bâtiments publics, d'étiqueter les produits qui en contiennent, et d'instaurer une taxe « pollueur-payeur » sur les pesticides et les substances chimiques toxiques.Améliorer la participation au dépistage
Le rapport souligne que seulement 46 % des femmes éligibles ont participé au dépistage du cancer du sein en 2023, un chiffre bien inférieur à l'objectif européen de 70 %. Pour améliorer cette situation, il suggère de rendre la participation au dépistage obligatoire pour les centres d'imagerie, d'élargir le réseau d'unités de dépistage mobiles et de lancer des campagnes annuelles de sensibilisation dans les écoles.Alléger la charge financière pour les patientes
Le reste à charge pour le traitement du cancer du sein en France s'élève en moyenne à 1 549 euros, ce qui peut conduire certaines patientes à renoncer à des traitements nécessaires. Le rapport appelle à la mise en œuvre urgente de la loi de 2025 sur le cancer du sein afin d'améliorer la prise en charge et d'élargir les options du secteur public pour la reconstruction mammaire.