Les récentes fusillades à Toulouse, notamment dans le quartier d’Empalot, ont suscité un vif débat parmi les élus lors du conseil municipal de vendredi 9 octobre. La réunion s’est tenue dans une atmosphère politique tendue, la sécurité et la hausse de la violence dans la ville étant au cœur des échanges. Plusieurs incidents de violences par arme à feu ont eu lieu ces derniers jours, en particulier à Empalot, où le maire, Jean-Luc Moudenc, a indiqué que le niveau de violence a atteint un niveau sans précédent. Il a imputé cette violence à des « règlements de comptes entre voyous, mafias et trafiquants », soulignant la complexité et la dangerosité de la situation dans ce secteur. Les propos de Moudenc ont rapidement été critiqués par les membres de l’opposition. « Qu’ils soient victimes ou agresseurs, je ne présente mes condoléances à personne, car tout cela ruine des vies », a-t-il déclaré. Ces déclarations ont été condamnées par François Briançon, membre du groupe d’opposition Vivre mieux, qui a qualifié ces propos de « terrible » et rappelé que « une vie est une vie ». Sacha Briand, adjoint au maire chargé des Finances, a défendu Moudenc, affirmant que les personnes impliquées dans ces conflits, qu’elles soient victimes ou auteurs, sont des délinquants qui n’ont pas le droit de « ruiner la vie de tous les Toulousains et des quartiers » pour régler leurs différends. L’élu de la majorité a insisté sur la nécessité de distinguer les acteurs des violences de leurs véritables victimes, « c’est-à-dire nos concitoyens ». Cette distinction a également été soutenue par François Briançon, qui a rappelé aux responsables que « les habitants des quartiers populaires ne doivent jamais être confondus avec les trafiquants ». Pour lutter contre le trafic de stupéfiants, Briançon a plaidé en faveur d’une approche multidimensionnelle, combinant sanctions, coopération avec l’État, soutien aux associations locales et renforcement des services publics. « Lutter contre le trafic de drogue, c’est précisément donner au quartier les moyens de ne pas lui être livré », a-t-il souligné. Jean-Luc Moudenc a insisté sur la nécessité d’un renfort policier à Toulouse, face à l’escalade de la violence. Il a rappelé que la ville mène depuis plusieurs années une politique volontariste dans les quartiers prioritaires pour améliorer les conditions de vie, en collaboration avec l’État, la Région, le Département, la Caisse d’allocations familiales et les bailleurs sociaux. Cependant, il a prévenu que cet effort est aujourd’hui menacé par la situation actuelle, et a adressé une nouvelle lettre au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour demander davantage de moyens. Moudenc a expliqué vouloir doter la police nationale à Toulouse de davantage de ressources humaines pour mener les enquêtes et démanteler les réseaux criminels plus efficacement. Il a également réclamé un renforcement des moyens de la justice toulousaine, notamment en juges et greffiers, pour accompagner toute intensification de l’activité policière. Malgré des progrès enregistrés ces dernières années, Moudenc estime que les moyens actuels restent insuffisants et qu’il se bat depuis des années auprès des différents ministres pour obtenir plus de soutien.