Jeunesse et débuts professionnels

Bernard Anquetil naît le 20 décembre 1916 à Bernières d’Ailly, petite commune du département du Calvados, dans le nord de la France. Il travaille comme secrétaire dans un bureau d’immatriculation, puis pour un notaire, avant de rejoindre la Marine nationale française en 1936 en tant que radiotélégraphiste.

Service dans la Marine nationale française

Au début de l’année 1940, Anquetil est affecté au sous-marin Ouessant en qualité de quartier-maître radio. Après six mois d’opérations dans la mer des Caraïbes, le sous-marin rentre à Brest, où il est capturé par les forces allemandes le 19 juin 1940. L’équipage est conduit dans la région de l’Aisne, où il est contraint à des travaux agricoles avant d’être démobilisé.

Passage à la Résistance

Le 1er juillet 1940, Anquetil se retire à Angers, où il trouve un emploi de technicien en réparation radio. En avril 1941, il est recruté par le colonel Rémy, qui met en place le réseau de résistance « Confrérie Notre-Dame », pour servir comme opérateur radio. Ce réseau a pour objectif de recueillir des renseignements sur la côte atlantique, de Hendaye à Brest.

Contributions à la Résistance

Anquetil commence à transmettre des messages codés depuis la zone libre et, avec Rémy, achemine un émetteur jusqu’à Brest. Depuis cette ville, il transmet des informations sur la marine allemande, notamment des détails concernant le super-cuirassé Bismarck, coulé au large de la côte de Brest le 27 mai 1941. Il poursuit ses transmissions depuis Saumur, malgré les risques encourus.

Arrestation et exécution

Le 19 juillet 1941, sur la base d’informations fournies par Philippon, Rémy fait transmettre à Anquetil un message concernant le Scharnhorst, cuirassé allemand, qui se préparerait à appareiller. Le 25 juillet, la Royal Air Force bombarde le navire et l’endommage. Malgré le danger croissant, Anquetil poursuit ses transmissions. Le 31 juillet, les forces de sécurité allemandes font irruption à son domicile de Saumur, guidées par la radiogoniométrie. Il détruit le message qu’il est en train de taper et jette l’émetteur par la fenêtre, avant d’être abattu lors de son arrestation.

Héritage et distinctions

Anquetil est emprisonné à Angers, puis à Fresnes, où il refuse de parler. Il est condamné à mort par un tribunal militaire le 15 octobre 1941 et fusillé au Mont-Valérien le 24 octobre 1941. Il est inhumé au cimetière de Montrouge, dans le « carré des fusillés ». Après la guerre, sa dépouille est transférée dans le caveau familial de Colleville-sur-Mer. Il reçoit à titre posthume le titre de Compagnon de la Libération, la Croix de guerre 1939-1945 avec palme et la médaille de la Résistance avec rosette.