La France teste ses navires avec des explosions sous-marines pour améliorer leur résistance aux chocs et protéger les futurs équipages.
La Marine nationale teste la résistance des navires aux chocs
En février 2025, la Marine nationale a réalisé un « essai de choc » sur la frégate de classe La Fayette Courbet en faisant exploser une mine navale à une « bonne distance », dans le cadre de la préparation à des engagements de haute intensité. Cet essai visait à évaluer la résistance du navire et celle de ses équipements, ainsi qu'à endurcir ses équipages.Reprise des essais expérimentaux
Le ministère des Armées avait précédemment indiqué que d'autres « essais de choc » seraient menés, invoquant le durcissement du contexte international comme raison de reprendre ces campagnes expérimentales. Toutefois, aucun essai de ce type n'avait été réalisé depuis février, jusqu'au 27 octobre, date à laquelle la Direction générale de l'armement (DGA) a effectué un « premier essai de choc par explosion sous-marine » sur la coque de l'ancienne frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville.Préparation de la plateforme d'essai
La transformation de la coque de la Latouche-Tréville en plateforme d'essai a nécessité plusieurs mois de préparation, comprenant des études et des travaux d'instrumentation menés par la DGA Techniques navales (DGA TN) en collaboration avec la Marine nationale, la Structure de gestion de la marine de combat, la DGA Techniques aéronautiques (DGA TA), Naval Group et Safran Electronics & Defense.Comprendre les effets des chocs
La DGA précise que ces essais visent à mieux comprendre les effets des chocs sous-marins causés par les mines navales sur les bâtiments de surface de la Marine nationale, dans l'objectif de renforcer la protection des équipements et des équipages afin de préserver la capacité des navires à poursuivre le combat.Suivre la propagation des ondes de choc
Les capteurs installés sur l'ancienne frégate doivent permettre de suivre la propagation des ondes de choc jusqu'aux équipements. Pour cette campagne, la DGA TN s'est attachée à concevoir des essais progressifs afin de maximiser la collecte de données et de maîtriser les risques, en prévoyant des « tirs pyrotechniques en mer, sans équipage et en toute sécurité ».Améliorer la conception navale
Les données recueillies serviront à améliorer les modèles et les règles de conception au bénéfice de l'industrie et de la Marine nationale. La DGA souligne que ces essais permettront de disposer d'une référence technique actualisée sur la résistance aux chocs des bâtiments de surface, de valider des simulations numériques, de réduire les coûts et les délais d'essais, de vérifier la résistance aux chocs d'équipements modernisés et de nouvelles technologies dans des conditions réelles, et de renforcer l'expertise nationale en matière de qualification à la résistance aux chocs des plateformes navales et de leurs équipements.Un navire d'essai toujours utile
Bien que désarmée, l'ancienne frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville demeure utile et contribue à la protection des navires et des équipages de la Marine nationale de demain, selon la DGA.