Le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et co-auteur du sixième rapport d'évaluation du **Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)**, a mis en garde : si les températures mondiales continuent d'augmenter, il devient de plus en plus difficile de prévoir l'évolution des régimes de précipitations en France. Après un été exceptionnellement chaud en 2026, la Haute Commission pour la Stratégie et la Planification a organisé un webinaire le 30 septembre pour en tirer les enseignements, en mettant l'accent sur la probabilité croissante de vagues de chaleur et de sécheresses plus fréquentes et plus intenses. Cassou a souligné que, bien que l'été 2026 ait été extrême, il s'inscrivait dans la fourchette des possibilités décrites par les modèles climatiques, en faisant un résultat prévisible des tendances actuelles. Cassou a indiqué que, au cours des vingt prochaines années, les précipitations hivernales en France ne devraient pas augmenter. Cette situation pourrait changer après 2050, notamment dans un scénario où les températures mondiales augmenteraient de quatre degrés Celsius d'ici la fin du siècle. Dans un tel contexte, d'autres impacts climatiques deviendraient plus préoccupants que les changements de précipitations, la planète s'approchant ou dépassant les limites physiologiques pour les écosystèmes et la santé humaine. Les projections actuelles laissent entrevoir une grande variété de scénarios possibles pour les pluies, avec des déficits potentiels allant de -60 % à +60 %. Cassou a estimé que l'été extrême de 2026 pourrait devenir la norme d'ici 2070, passant d'un événement centennal à un phénomène se produisant environ tous les dix à vingt ans. La prochaine décennie pourrait cependant connaître des étés encore plus chauds, avec des températures moyennes atteignant 25 degrés Celsius (contre 24 en 2026), entraînant entre 70 et 75 jours de vagues de chaleur chaque été (contre 53 cette année). Il a exhorté les décideurs politiques à prendre en compte ces probabilités et à élaborer des « politiques d'adaptation transformationnelles et systémiques », plutôt que de se contenter de modifications mineures et progressives. Le chercheur a prévenu que certaines activités économiques ou agricoles pourraient ne plus être viables dans ces nouvelles conditions climatiques. Il a appelé les responsables politiques à identifier les gagnants et les perdants du changement climatique afin de limiter les répercussions négatives sur les populations vulnérables. Il a conclu que le vrai défi consiste à réformer les politiques publiques pour anticiper et se préparer au changement climatique, plutôt que de réagir constamment à ses effets au fur et à mesure qu'ils se manifestent.