Les monarchies du Golfe, qui incluent des pays comme l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, investissent massivement dans la création de nouvelles attractions touristiques dans l'océan Indien et d'autres régions. Ces efforts s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à diversifier leurs économies, en s'éloignant de la dépendance au pétrole et au gaz. Cependant, certains analystes estiment que ces projets pourraient également servir des objectifs géopolitiques, comme l'augmentation de leur influence dans des zones stratégiquement importantes. Tristan Coloma, journaliste et chercheur indépendant, et Lindita Çela ont exploré ce sujet dans un article publié dans Le Monde diplomatique intitulé Géopolitique des hôtels de luxe. L'article, paru cet été, examine comment le développement d'infrastructures touristiques haut de gamme pourrait aller au-delà d'une simple démarche économique. Il suggère que ces projets pourraient être utilisés pour affirmer un soft power, construire des alliances et s'implanter dans des régions vitales pour le commerce et la sécurité mondiaux. Les pays du Golfe ont déjà commencé à construire des stations balnéaires de luxe, des marinas et des centres culturels dans des endroits comme les Maldives, Oman, et même certaines parties de l'Afrique de l'Est. Ces projets sont souvent présentés comme des efforts pour attirer des visiteurs internationaux et promouvoir le tourisme. Cependant, le choix des lieux et l'ampleur des investissements laissent penser que ces initiatives pourraient aussi viser à renforcer les liens politiques et économiques avec d'autres pays de la région. L'article de Coloma et Çela soulève des questions sur la double finalité de ces projets. S'ils peuvent apporter des avantages économiques et créer des emplois, ils pourraient également s'inscrire dans une stratégie plus large visant à étendre l'influence des monarchies du Golfe au-delà de leurs frontières traditionnelles. Alors que ces pays regardent vers l'avenir, leurs investissements dans le tourisme et les infrastructures pourraient façonner à la fois leurs économies nationales et leur position internationale.