Djibouti réduit son budget 2026 de 2,22 % face à des recettes insuffisantes et à une dette croissante, et vise à renforcer la collecte fiscale et ajuster les dépenses.
Révision budgétaire pour 2026
Djibouti a réduit son budget 2026 à 168,48 milliards de francs djiboutiens (FDJ), soit environ 944,6 millions de dollars, une baisse de 2,22 % par rapport au budget initial de 172,30 milliards de FDJ. Cet ajustement traduit l'effort du gouvernement pour aligner les dépenses sur les ressources disponibles et renforcer la stabilité financière.Manque à gagner des recettes
Les recettes publiques, y compris les dons mais hors emprunts, ont atteint 55,20 milliards de FDJ à la fin du mois de mai 2026, contre 68,08 milliards de FDJ attendus. Cela représente un déficit de 12,88 milliards de FDJ, les seules recettes intérieures accusant un retard de 10,18 milliards de FDJ.Ajustements de dépenses prévus
Le gouvernement prévoit de réduire les dépenses pour les adapter aux besoins constatés et de compenser en partie le recul des recettes intérieures en recourant davantage au financement extérieur. Il vise également à améliorer la collecte de l'impôt en élargissant l'assiette fiscale et en numérisant les systèmes fiscaux et douaniers.Accent sur la réforme fiscale
Les efforts pour renforcer la mobilisation fiscale passent par l'amélioration de la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la lutte contre l'évasion fiscale et la réduction de certaines exonérations. Ces mesures s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à accroître les recettes publiques dans un contexte d'endettement élevé.Endettement élevé et recommandations du FMI
La dette publique représentait 68,9 % du PIB en 2024 et 67,2 % en 2025. En janvier 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé à Djibouti d'améliorer la collecte de l'impôt, de réduire les exonérations et de mieux maîtriser les dépenses afin de garantir la viabilité de sa dette.Ralentissement économique attendu
La croissance économique de Djibouti devrait ralentir pour atteindre 5,9 % en 2026, contre 6,5 % en 2025. L'économie reste fortement tributaire des services portuaires et logistiques, qui sont exposés aux perturbations du commerce maritime et à la hausse des coûts.Baisse prévue du ratio d'endettement
Selon les données du FMI, le ratio de la dette publique devrait tomber à 62,3 % du PIB en 2026, traduisant les efforts du gouvernement pour équilibrer ses finances et réduire sa dépendance aux emprunts extérieurs.