Catherine Pégard face à l'examen budgétaire

Catherine Pégard, ministre de la Culture, s'est présentée devant la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale le 22 octobre 2026 pour défendre le projet de budget 2027. Le budget prévoit 3,68 milliards d'euros en autorisations d'engagement et 3,64 milliards d'euros en crédits de paiement, des montants inférieurs à ceux de l'année précédente.

Un budget défendu comme tourné vers l'avenir

Catherine Pégard a défendu le budget en affirmant qu'il était nécessaire de préparer l'avenir, et a souligné une hausse de 23 % des crédits budgétaires depuis 2017. Elle a insisté sur le fait que sa politique visait à rendre la culture accessible au public le plus large possible, tout en poursuivant les grands projets d'investissement.

Des appréciations contrastées sur le budget

Les rapporteurs pour avis ont formulé des évaluations mitigées. Jérémie Patrier-Leitus a salué le maintien des crédits essentiels, mais a averti que les besoins culturels dépasseraient 5,5 milliards d'euros au cours de la prochaine décennie. Les socialistes et apparentés, quant à eux, ont critiqué les coupes budgétaires et les réductions d'effectifs dans les établissements patrimoniaux.

Inquiétudes face à la baisse des financements de projets clés

Erwan Balanant a exprimé ses inquiétudes concernant la baisse des financements de la Mission culturelle et la diminution du budget consacré à l'éducation culturelle et artistique. Il a relevé une réduction du programme « Pass Culture collectif » et réclamé 60 millions d'euros supplémentaires pour améliorer la situation. Philippe Ballard a également reproché au gouvernement de ne pas proposer des économies suffisantes.

Régulation de l'intelligence artificielle et liberté de création au cœur des débats

Catherine Pégard a été interrogée sur la régulation de l'intelligence artificielle, la liberté de création et la censure. Elle a évoqué les efforts engagés pour consulter les plateformes et les créateurs sur l'IA, tout en précisant qu'aucun accord n'avait encore été trouvé. Elle a reconnu l'existence de débats culturels en cours en France, tout en insistant sur la nécessité d'agir dans le cadre fixé par la loi.

Tensions autour des politiques culturelles et des financements

Le député Aymeric Caron a soulevé des inquiétudes concernant le retrait d'un « chèque en blanc » pour la Palestine dans une émission de télévision, ce qui a provoqué des tensions et conduit à la suspension des séances. Plusieurs groupes ont souligné la baisse des financements accordés au Centre national du livre et ont évoqué des pistes de solution, notamment une taxe proposée sur les ventes de livres en ligne.

Concentration du secteur et diversité éditoriale

La France insoumise a exprimé ses préoccupations concernant la concentration de l'industrie de l'édition et la situation du distributeur Makassar. Catherine Pégard a reconnu la nécessité de surveiller la concentration du secteur ainsi que les évolutions éditoriales, sans toutefois répondre à l'ensemble des points soulevés. Elle a souligné l'importance de la diversité éditoriale dans ses politiques culturelles.