Les élections serbes, test pour le parti au pouvoir

Les élections législatives du 25 octobre en Serbie sont considérées comme un test décisif pour le Parti progressiste serbe (SNS) au pouvoir et son dirigeant Aleksandar Vučić, alors qu'un nouveau mouvement dirigé par des étudiants apparaît comme un défi potentiel.

Des conditions électorales inégales

Selon l'hebdomadaire autrichien Profil, le scrutin se déroule dans des conditions profondément inégales : le SNS, au pouvoir, utilise les ressources de l'État et des médias à son avantage, tandis que ses adversaires s'appuient sur la mobilisation de la base et les réseaux sociaux.

Une élection qui fait office de référendum

Le site de la Deutsche Welle souligne que le scrutin ressemble de plus en plus à un référendum pour ou contre le gouvernement, d'autres partis politiques risquant de ne pas atteindre le seuil de 3 % nécessaire pour entrer au Parlement.

Le mouvement étudiant bouscule la tradition

L'hebdomadaire belgradois Nedeljnik rapporte que le mouvement étudiant a réussi là où l'opposition traditionnelle avait échoué pendant quinze ans : créer une dynamique qui laisse entrevoir la possibilité de battre le gouvernement et de briser le sentiment d'infériorité politique face au SNS.

Une approche propre au mouvement étudiant

Le quotidien serbe Danas note que le mouvement étudiant se distingue par ses méthodes d'organisation, de décision collective et de communication publique, en contraste marqué avec le camp présidentiel, qui a qualifié les étudiants de « terroristes », « vandales » ou « antipatriotes ».

Une campagne qui met en avant le changement

Leur campagne repose sur une atmosphère festive et optimiste, portée par un message simple : le changement est possible et les citoyens méritent mieux. Contrairement au camp présidentiel, le mouvement étudiant a refusé un débat en face-à-face avec Aleksandar Vučić, dans un paysage médiatique largement dominé par le gouvernement.

Des étudiants au contact direct avec les citoyens

La campagne du mouvement étudiant accorde une place importante aux propositions politiques et économiques élaborées avec l'aide d'experts figurant sur leur liste. Selon Danas, « c'est une nouveauté en Serbie : les 250 candidats qui représentent les étudiants participent activement à la campagne, parcourent le pays, rencontrent les citoyens, échangent avec eux et se présentent personnellement ».

Des sondages qui montrent une course serrée

Selon les sondages d'opinion cités par la chaîne régionale N1, la liste « Les étudiants gagnent » recueillerait entre 37 % et 45 % des intentions de vote, tandis que certains sondages créditent la liste du gouvernement de 47 % à 48 %. Les écarts entre instituts restent importants.

Des doutes sur la crédibilité du scrutin

L'hebdomadaire d'opposition Radar met en garde : « Quel que soit le résultat annoncé, une grande partie des Serbes risque de ne pas y croire », et craint que la clôture du vote ne marque le début d'une nouvelle crise politique aux issues incertaines.

Les étudiants, moteur d'une transformation politique

Danas estime toutefois que les étudiants ont déjà gagné, quel que soit le verdict des urnes : ils ont profondément transformé la culture politique serbe et redonné confiance aux citoyens dans les processus politiques, convaincu que le mouvement a ouvert une nouvelle page de l'histoire politique du pays.