La plus grande batterie de France mise en service en 2026

La grande batterie installée par TagEnergy à Cernay-lès-Reims, dans la Marne, est actuellement la plus puissante en service en France. Bien qu'elle ait été mise en service dès mai 2026, son inauguration officielle a eu lieu le 1er octobre de l'année dernière.

Copropriété et caractéristiques techniques

Le projet est détenu conjointement par TagEnergy, qui en possède 51 %, et la Banque des Territoires, qui en détient 49 %. L'installation alimente le réseau électrique et présente une puissance de 240 MW pour une capacité de stockage de 480 MWh. À pleine puissance, elle peut fournir de l'électricité pendant deux heures, de quoi couvrir la consommation de 450 000 foyers pendant cette durée, selon ses exploitants.

Record précédent et comparaison

Le précédent record était détenu par le site de Cheviré, dans le port de Nantes-Saint-Nazaire, mis sous tension en août 2025 par Harmony Energy et également équipé de batteries Tesla Megapack. Avec 100 MW pour 200 MWh, il fait moins de la moitié de la taille de la batterie marnaise.

Détails de l'installation et performances

Le site de Cernay-lès-Reims s'étend sur un peu plus de trois hectares et se compose de 140 conteneurs de batteries Megapack fournis par Tesla, qui a également coordonné le chantier et gère l'interface avec les marchés de l'électricité. Raccordée au réseau de transport d'électricité de RTE à une tension de 225 kV et exploitée commercialement depuis la fin mai 2026, la centrale avait déjà injecté 70,5 GWh d'électricité et effectué 145 cycles complets en 125 jours au 23 septembre.

Équilibrage du réseau et intégration des énergies renouvelables

La centrale contribue à l'équilibrage du réseau en assurant des services de régulation de fréquence et de tension. En Europe, la fréquence du réseau électrique doit être maintenue autour de 50 Hz. Cette fréquence varie lorsque la production et la consommation d'électricité ne sont plus équilibrées. La centrale peut alors absorber les surplus de production et restituer l'électricité stockée lorsque le réseau en a besoin, contribuant ainsi à préserver sa stabilité.

Soutien aux énergies renouvelables

Ce dispositif soutient en particulier l'intégration de l'énergie solaire et éolienne, dont la production varie selon les conditions météorologiques. « Cette flexibilité devient progressivement indispensable au système électrique et permet d'intégrer davantage d'énergies renouvelables dans notre mix énergétique », explique Christophe Léonard, directeur associé de TagEnergy pour la France.

Impact pour les consommateurs et gestion des coûts de l'énergie

Pour les consommateurs, l'effet est indirect. Comme le rappelle France Renouvelables, les batteries se chargent lorsque l'électricité est abondante et bon marché, puis la restituent lorsque la demande augmente. Elles limitent ainsi les périodes de prix négatifs et réduisent le recours aux centrales à gaz de pointe, coûteuses et polluantes, pendant les pics de consommation.

Essor du stockage par batteries en France

Le stockage par batteries se développe en France. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), feuille de route énergétique française, souligne l'importance et l'urgence de disposer de davantage de moyens de flexibilité, dont les batteries, afin de garantir la continuité de l'approvisionnement. Les projets de grande envergure commencent donc à se multiplier à travers le pays.

Projets à venir et capacité actuelle

L'installation de Cernay-lès-Reims ne conservera pas son titre longtemps, puisque Neoen a lancé une batterie de 248 MW pour 496 MWh à Vernou-la-Celle-sur-Seine, en Seine-et-Marne, dont la mise en service est prévue pour 2028. Le stockage par batteries en France a progressé relativement rapidement ces dernières années, même si le pays accuse un retard dans ce domaine.

Trajectoire de croissance et contexte européen

Selon RTE, la France ne disposait que d'environ 316 MW de batteries en 2021. À la mi-2026, le parc avait atteint 2 GW, selon France Renouvelables. Ce parc devrait croître fortement, même si tous les projets annoncés ne se concrétiseront pas, ou pas immédiatement. Dans son dernier rapport sur l'électricité, RTE recensait 14 GW de projets de batteries dont le raccordement au réseau avait déjà été contractualisé fin 2025.

Comparaison européenne et objectifs futurs

Le retard français se mesure à l'échelle européenne. Selon France Renouvelables, qui s'appuie sur les données de SolarPower Europe, l'Europe a installé 36 GW de batteries supplémentaires en 2025, portant son parc total à plus de 100 GW. La troisième PPE ne fixe aucun objectif chiffré pour le stockage, alors que la filière réclame 10 GW de batteries d'ici 2030, puis 15 GW d'ici 2035.

Limites du stockage par batteries

Des batteries adaptées au stockage de courte durée. Les batteries présentent toutefois une limite de taille, car elles ne conviennent qu'au stockage de courte durée. Elles peuvent absorber les surplus de production et les restituer quelques heures plus tard, mais ne peuvent pas couvrir des besoins de stockage sur plusieurs jours.

Le stockage hydraulique comme alternative

Pour répondre à ces besoins à plus long terme, la France peut s'appuyer sur ses stations de transfert d'énergie par pompage (STEP), d'une puissance totale de 5 GW. Cette technologie de stockage hydraulique, développée en France depuis les années 1970, a fait ses preuves plus que les batteries, mais son développement est freiné par des contraintes environnementales, géographiques et économiques.