Des pompiers français se sont mobilisés en solidarité avec un collègue blessé par balle près de Marseille, provoquant des manifestations nationales et des appels à une action renforcée de l'État.
Les pompiers se rassemblent en signe de solidarité
Des sapeurs-pompiers professionnels de toute la France se sont rassemblés lundi à midi devant les casernes pour témoigner leur solidarité envers un collègue grièvement blessé par balle la veille lors d'une intervention près de Marseille.État de santé du pompier blessé
Le sapeur-pompier blessé, un sergent professionnel de 53 ans, a été atteint « à bout portant dans la poitrine » par des plombs de chasse. Son état, qui a d'abord « beaucoup inquiété », est désormais « plutôt en amélioration », selon Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile. Hospitalisé à Marseille, le pompier restera sous surveillance pendant plusieurs jours « en raison de la gravité de ses blessures ».Un soutien affiché dans tout le pays
À Lille, une douzaine de pompiers ont déployé l'ensemble de leurs véhicules à 12 heures et sont restés au garde-à-vous pendant une minute, tandis que la sirène retentissait en hommage. À Bordeaux, des véhicules ont également été déployés devant la caserne, une banderole « En grève » étant affichée sur la façade.Les syndicats appellent à la solidarité
Neuf syndicats représentatifs avaient appelé l'ensemble des casernes de France à déployer leurs véhicules, gyrophares allumés et deux tons enclenchés, pour exprimer leur « colère et leur solidarité ». Un tract affirmait : « On ne tire pas sur ceux qui sauvent des vies », et réclamait « des actions fortes et une réponse de l'État à la hauteur de la gravité de la situation ».Les circonstances de l'agression
L'agression s'est produite dimanche en fin d'après-midi, lors d'une intervention dans la zone commerciale du Plan de Campagne, à Pennes-Mirabeau, où les secours avaient été appelés pour éteindre un incendie impliquant un poids lourd et des véhicules légers. Selon Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, les pompiers ont été « attaqués par arme à feu ». Le suspect a été placé en garde à vue pour « tentative d'homicide sur personne chargée d'une mission de service public, destruction et dégradations par moyen dangereux et détention d'armes de catégorie B ».Le profil du suspect
Le suspect, identifié comme Nasser B., né en 1975, présenterait un « profil psychiatrique » avec une « altération du jugement », selon une source proche du dossier. Il était déjà connu pour des faits de violence impliquant des armes et devait être jugé mardi devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence pour des menaces et des violences, notamment avec des armes.Un possible incendie criminel
Selon le préfet, Nasser B. aurait « probablement mis le feu » aux véhicules lui-même, rendant nécessaire l'intervention des pompiers. Le suspect a été délogé puis interpellé par le Raid après s'être réfugié dans une caravane. L'état de santé du pompier blessé est « stable », selon le parquet, même si Julien Marion a insisté sur la nécessité de rester « naturellement très prudent » quant à l'évolution de son état.La réaction des pompiers
L'agression a provoqué « stupeur » et « colère » chez les sapeurs-pompiers. Julien Marion a exprimé l'espoir d'une « réponse pénale à la hauteur de la gravité » des faits. La Sécurité civile fait état d'une hausse « continue » des agressions, avec 1 525 signalées en 2025, soit une progression de 4,3 % par rapport à 2024. En revanche, le nombre de pompiers blessés à la suite d'une agression a diminué de 7 % en 2025.Nature des agressions
La majorité (87 %) des agressions surviennent lors de missions de secours à personnes et sont commises par les personnes secourues. Aucune agression par arme à feu n'a été recensée, la plupart des agressions étant verbales et, pour plus d'un tiers, physiques.