Selon les chiffres publiés lundi 7 septembre par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France, la fraude par manipulation a de nouveau augmenté après s’être stabilisée en 2024. Ce type d’escroquerie, qui consiste à manipuler une victime pour qu’elle effectue des opérations bancaires à distance ou divulgue des informations confidentielles, a progressé de 34 % en 2025, atteignant un préjudice de 516 millions d’euros. Ces fraudes, dont la forme la plus courante est le faux conseiller bancaire, représentent désormais 41,6 % du montant total des fraudes aux moyens de paiement, contre 32,1 % en 2024 et 21,6 % en 2021. Elles concernent principalement les virements (376 millions d’euros), tandis que les dommages liés aux paiements par carte bancaire restent stables (140 millions d’euros), indique l’Observatoire dans un communiqué.
Cette hausse est liée aux fuites de données récentes, qui favorisent les techniques de fraude par manipulation. En obtenant des informations très personnelles sur leur cible, les fraudeurs personnalisent leur message et apparaissent ainsi plus crédibles et légitimes. Personne n’est à l’abri, les jeunes, les personnes âgées, les cadres supérieurs et d’autres catégories socio-professionnelles pouvant être visés.
Cette explosion des fraudes par manipulation est paradoxalement un effet collatéral des progrès réalisés en matière de sécurisation des paiements électroniques. La généralisation de l’authentification forte pour les paiements par carte en ligne depuis 2021 porte ses fruits, le taux de fraude pour les paiements en ligne effectués avec des cartes émises en France ayant été divisé par deux depuis 2020, passant de 0,249 % en 2020 à 0,124 % en 2025. Pour contourner cette sécurité renforcée, les criminels recourent désormais à des méthodes artisanales, récupérant des informations sur les victimes via le phishing ou des fuites de données, puis les utilisant pour manipuler les victimes et les amener à valider des retraits frauduleux.
Le virement bancaire en ligne est en première ligne dans cette fraude. Toute la hausse des fraudes par manipulation a été portée par ce moyen de paiement, qui représentait les trois quarts des fraudes par manipulation en 2025, contre moins des deux tiers en 2024. Le nombre de transactions frauduleuses utilisant cette méthode a augmenté de 182 % en un an, alors que l’usage global de ce moyen de paiement n’a progressé que de 13 %, ce qui a entraîné une forte hausse de son taux de fraude. En 2025, le virement bancaire en ligne est devenu la première source de fraude, au même niveau que la carte à distance, chacun représentant 30 % de la valeur totale des fraudes aux moyens de paiement, soit près de 360 millions d’euros détournés en un an, sur un total proche de 1,2 milliard d’euros.
La préférence pour les virements bancaires en ligne s’explique par le fait qu’à effort égal, le virement permet de vider un compte bien plus efficacement que la carte. Les montants moyens détournés par fraude en 2025 s’élevaient à 1 457 euros avec le virement bancaire en ligne, contre seulement 60 euros avec la carte en ligne. Cela s’explique par les plafonds de paiement appliqués par les banques, généralement bien plus élevés pour les virements que pour les paiements par carte. La préférence des criminels pour le virement a également été renforcée par la démocratisation du virement instantané, qui permet de soustraire rapidement l’argent volé à la portée des victimes et de leurs banques, en le faisant transiter d’un compte à l’autre en moins de dix secondes.
Face à cette augmentation des fraudes par manipulation, l’Observatoire appelle à « renforcer la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème français pour prévenir ce risque de fraude le plus en amont possible ». Il souhaite approfondir la coopération avec le secteur des télécommunications, notamment en étudiant la possibilité de mettre en place un numéro unique anti-fraude, et une meilleure collaboration avec les géants du numérique comme Google, Meta ou TikTok pour lutter contre les publications et comptes frauduleux. Il propose également que les banques renforcent leurs outils de prévention des fraudes et poursuivent les efforts de sensibilisation des utilisateurs sur les risques de divulgation de données sensibles lors de tentatives de phishing et les réflexes à adopter face à un appel téléphonique frauduleux.
La Fédération bancaire française (FBF) rappelle qu’aucun conseiller bancaire, aucune autorité publique ou service anti-fraude ne demandera jamais à un client de communiquer ses codes, mots de passe ou identifiants bancaires, ni de valider ou d’annuler une opération à distance. En cas de doute, il est recommandé de raccrocher, de ne pas cliquer sur des liens suspects et de contacter directement sa banque ou l’organisme officiel.
Hausse de la fraude aux paiements liée à des faux conseillers bancaires en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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