Lancement de la campagne en faveur du livre et de la lecture

À partir du mardi 27 octobre, à 8 heures, le collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture, qui réunit près de 60 organisations, dont le SLF, le SNE, la Sofia, le CFC, France Livre, l'ABF, des associations d'auteurs et les agences régionales du livre, lance la campagne #SauvonsLaLecture sur les réseaux sociaux et dans la presse généraliste. Selon François Annycke, coprésident de la Fédération du livre et de la lecture (Fill) et directeur de l'Agence du livre des Hauts-de-France, cette initiative est la première fois que le secteur du livre se mobilise à une telle échelle.

Baisse des financements pour le livre et la lecture

Le soutien financier de l'État au livre et à la lecture est passé de 23,2 millions d'euros en 2025 à 17,4 millions d'euros en 2026, soit une baisse de 25 %. Ces fonds soutiennent les librairies, les maisons d'édition, les manifestations littéraires, les bibliothèques et les structures régionales du livre. Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit d'entériner cette réduction, qui s'accompagne également d'une baisse de 22 % du budget du CNL et d'une diminution de 30 % des crédits consacrés à la démocratisation culturelle sur deux ans.

Une part budgétaire modeste pour le secteur du livre

Les 17 millions d'euros alloués au livre et à la lecture ne représentent que 0,21 % du budget de 8 milliards d'euros du ministère de la Culture. Le livre en représente 3,9 % (319 millions d'euros), dont 90 % (288 millions d'euros) sont attribués à des institutions nationales telles que la Bibliothèque nationale de France (BnF), la Bibliothèque publique d'information (BPI), le CNL ou la Maison du dessin de presse. Le secteur du livre est le moins coûteux pour l'État, mais le plus important en termes de chiffre d'affaires.

Les phases de la campagne et les actions symboliques

La campagne se déroule en trois phases, la première débutant environ quinze jours plus tôt. Trois œuvres tombées dans le domaine public, L'Odyssée, Les Trois Petits Cochons et Frankenstein, ont été envoyées aux sénateurs et aux députés, amputées de 25 % de leur texte, afin de symboliser les coupes budgétaires. Le slogan « Les coupes budgétaires tronquent les imaginaires » accompagne cette action. Lors de la deuxième phase, chaque réseau est invité à illustrer la baisse budgétaire à sa manière, par exemple en masquant 25 % de leurs vitrines pour les librairies ou en imaginant la disparition d'un rayon.

Réponse du ministère et absence de dialogue

Le ministère de la Culture attribue la baisse des financements aux contraintes budgétaires, affirmant que l'État n'a plus d'argent, et oriente les acteurs vers le mécénat et les plateformes de vente en ligne. Une lettre signée par plusieurs organisations, dont Antoine Gallimard, n'a pas suffi à obtenir un rendez-vous avec la ministre, selon François Annycke, qui affirme que celle-ci « refuse de nous voir ».

Une campagne visant à peser sur le débat politique et à sensibiliser le public

Au-delà du projet de loi de finances, la campagne entend peser sur la prochaine élection présidentielle en s'adressant directement aux candidats. Le message met l'accent sur l'importance de la lecture comme bien commun et comme levier pour l'éducation, la santé publique et la démocratie. Alexandra Charroin-Spangenberg, présidente du SLF, déplore que peu de candidats parlent de culture avant les élections. La campagne, soutenue par une agence de communication, ne dispose pas encore d'indicateurs de suivi, mais les organisateurs espèrent que davantage de professionnels rejoindront l'initiative au fil de son développement.