La sexualité en PMA est strictement planifiée

Dans le contexte de la procréation médicalement assistée (PMA), les rapports sexuels sont souvent prévus, programmés et quantifiés selon un calendrier médical, incluant les fenêtres d'ovulation, les examens et les traitements. Cette approche structurée a conduit certains à décrire la sexualité comme médicalisée, chaque aspect de l'intimité étant dicté par des protocoles.

La médicalisation affecte le désir personnel

Christina Fontes, sexothérapeute, souligne que lorsque tout est calculé, la spontanéité est compromise. Anna, mère de deux filles nées grâce à la PMA, explique que la programmation des rapports sexuels a déformé sa sexualité, qu'elle vit désormais comme un devoir à accomplir, une mission visant à avoir un bébé.

La programmation est courante en PMA

Programmer les rapports sexuels consiste à synchroniser l'ovulation ou les procédures de PMA avec l'activité sexuelle afin d'optimiser les chances de grossesse. Cela comprend des périodes d'abstinence avant l'insémination, des rapports sexuels après l'insémination, ainsi que l'abstinence après le transfert d'embryon afin d'éviter les contractions utérines. Toutes ces pratiques sont courantes, mais restent souvent difficiles à aborder ouvertement.

La médicalisation modifie l'image corporelle

Anna note que son rapport à son corps a changé à cause de la médicalisation de sa sexualité. Elle décrit le sentiment d'être une « poule remplie d'œufs », soumise aux hormones et aux examens médicaux, ce qui engendre frustration et sentiment de trahison, ainsi qu'une perte d'identité personnelle.

Une intimité imposée peut être contre-productive

Anna reconnaît que, parfois, les couples estiment devoir avoir des rapports sexuels même lorsqu'ils sont fatigués ou n'en ont pas envie, ce qui entraîne une déconnexion vis-à-vis de leur corps. Cela peut être contre-productif, car le corps peut être sous stress, rendant le processus moins efficace.

Un impact psychologique et physique

Christina Fontes souligne que la pression liée à la PMA peut entraîner une baisse du désir sexuel, des troubles de l'érection ou de l'éjaculation, ainsi que de l'anxiété. Certaines personnes peuvent même considérer le sexe comme inutile s'il n'est pas à visée reproductive, car la focalisation sur des jours précis peut diminuer la valeur accordée aux autres moments.

La sexualité est plus que la reproduction

Si la PMA peut donner une impression de contrainte sur la sexualité, il est important de reconnaître que la relation d'un couple ne se résume pas uniquement aux rapports sexuels. Une enquête récente indique qu'un couple sur cinq a peu ou pas de rapports sexuels, tout en restant heureux et connecté grâce à l'intimité et à la communication.

Concilier intimité et parentalité

Les couples engagés dans une PMA font face à un double défi : préserver une vie sexuelle épanouie tout en poursuivant leur projet parental. Il est toutefois possible de trouver un équilibre en distinguant rapports à visée reproductive et rapports de plaisir, en instaurant des rituels et en privilégiant la connexion plutôt que la performance.

Reconstruire l'intimité après la PMA

Après la PMA, Anna a trouvé plus facile de renouer avec son partenaire, redécouvrant le désir et la complicité. Se reconnecter à soi-même est également essentiel : percevoir son corps avec douceur peut restaurer un sentiment de plaisir et d'estime de soi, au-delà de son rôle reproductif.

La communication est essentielle

Maintenir un dialogue ouvert avec son partenaire sur les besoins et les ressentis sexuels est indispensable. Lorsque la sexualité se concentre sur l'objectif d'avoir un enfant, l'intimité et le plaisir peuvent s'amoindrir. Solliciter l'aide d'un sexologue ou d'un spécialiste de la PMA peut aider les couples à traverser ces difficultés et à reconstruire une intimité plus sereine et épanouissante.