Réunion sur les inquiétudes concernant le financement de l'apprentissage

Une réunion organisée par la Région Occitanie s'est tenue à la Maison familiale rurale (MFR) de Vézénobres. Elle a réuni élus, enseignants, professionnels et cinq lycéens afin d'examiner les conséquences d'une baisse proposée des financements de l'apprentissage. Début juillet, le gouvernement a annoncé la suppression, à partir de 2027, du financement régional de l'apprentissage ainsi que de la dotation du Pacte régional d'investissement dans les compétences (PRIC).

Une baisse de financement qui pourrait coûter 100 millions d'euros

Selon la Région Occitanie, les changements proposés entraîneraient une perte de près de 100 millions d'euros. Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région, a averti que si ces financements étaient supprimés, la Région ne pourrait plus soutenir les propositions et les demandes d'apprentissage l'année suivante.

Des élèves témoignent des difficultés financières

Pendant la réunion, les lycéens ont raconté leurs expériences et les difficultés rencontrées pour trouver un contrat d'apprentissage. Jade, élève en gestion de l'entreprise hippique (CGEH), a expliqué que son employeur jugeait son travail satisfaisant, mais ne pouvait pas l'embaucher en raison de contraintes financières, notamment de l'augmentation de son salaire à 18 ans. D'autres élèves ont exprimé des inquiétudes similaires, soulignant que, malgré l'intérêt des entreprises, des obstacles financiers les empêchaient d'obtenir un contrat d'apprentissage.

L'importance d'être rémunéré

Les élèves ont également insisté sur l'importance d'être rémunérés pour leur travail, ce qui leur permettrait de couvrir leurs dépenses quotidiennes, leurs déplacements et le coût du permis de conduire. Ils ont souligné que l'autonomie financière est essentielle pour gérer leur vie pendant leur formation.

Le secteur agricole face à des défis

Christelle Mounier, formatrice et responsable qualité à la MFR, a fait remarquer que les agriculteurs peinent à prévoir un salaire pour les jeunes sans soutien financier. David Charmasson, parent d'élève et professionnel du secteur agricole, a insisté sur le rôle de l'apprentissage dans les métiers qui exigent à la fois une expérience sur le terrain et un apprentissage en classe. Il a souligné la difficulté de renouveler les générations en agriculture, une exploitation sur deux ou sur trois n'ayant pas de repreneur.

La Région veut peser sur les discussions budgétaires

Jean-Luc Gibelin a réaffirmé que la réunion visait à peser sur les discussions autour du budget 2027 et à faire connaître à Bercy, le ministère français de l'Économie et des Finances, les conséquences des baisses de financement envisagées. La Région a adressé un courrier aux parlementaires les invitant à soutenir le financement de l'apprentissage et de la formation professionnelle. Les participants ont exprimé la crainte que des jeunes motivés se retrouvent sans contrat, non pas par manque d'employeurs intéressés, mais parce que les entreprises ne pourront plus assumer les coûts liés à leur embauche.