Le vendredi 2 octobre, Bisik, un groupe musical encore en pleine reconstruction, a posé ses valises et ses cœurs pour la première fois à La Plaine des Palmistes, lors d’une soirée inédite du Blues Maron Festival à la salle Guy Agénor. L’événement a réuni deux traditions musicales — le maloya et le blues — nées toutes deux de la résistance, de la transmission culturelle et d’une quête de liberté. Bien que différentes par leurs origines, ces musiques partageaient un langage commun, celui du rythme et de l’émotion. La soirée a débuté avec Flambola, un groupe reconnu pour ses interprétations passionnées du maloya, musique traditionnelle de La Réunion. Le nom Flambola signifie « le feu du maloya », reflétant l’approche énergique et spirituelle du groupe. Avec une formation incluant Belbel au chant principal, Ingrid aux chœurs, Melissa aux congas et d’autres musiciens, Flambola était uni par un amour partagé pour le maloya traditionnel. Leur prestation, composée de plus de dix titres, a créé une atmosphère jubilatoire, mêlant tradition et profonde résonance spirituelle. Le public, fort de plus de 150 personnes, s’est levé et a ondulé, emporté par l’énergie contagieuse de la musique. Après une courte pause, la scène a laissé place à SOBA, un trio afro-blues originaire de trois pays différents — le Burkina Faso, la France et le Congo. Le groupe, composé de Moussa Koita (chant et guitare), Vincent Bucher (harmonica) et Émile Biayenda (percussions), a offert un mélange unique de racines mandingues et d’influences blues. Leur set a inclus des morceaux comme Den Folo, où la guitare et l’harmonica semblaient murmurer, évoquant les sonorités du Mississippi et les rythmes d’Afrique de l’Ouest. Les paroles, en dioula, ont transporté le public dans les marchés animés de Ouagadougou et de Brazzaville. La performance a été une célébration des échanges culturels, la musique du groupe reliant les continents et les traditions. Alors que la soirée touchait à sa fin, les membres de Flambola ont rejoint SOBA pour une ultime prestation puissante, symbolisant l’unité des deux univers musicaux. Le nom SOBA signifie « grande maison », et selon Moussa, il signifie que La Réunion trouve désormais sa place dans cet espace musical partagé. Le festival a mis en lumière le pouvoir de la musique à rassembler les gens malgré les distances, qu’elles soient montagneuses, kilométriques ou culturelles. Alors que Bisik poursuit son chemin, le groupe reste engagé à ouvrir des portes, des cœurs et de nouvelles possibilités à l’Est. Les organisateurs du festival ont remercié tous les participants pour leur présence, leur énergie et leur soutien, et ont promis de revenir bientôt avec d’autres événements, dont une performance de l’harmoniciste réunionnais de renom, Olivier Ker Ourio.