Les manifestations étudiantes dans la région Occitanie ont entraîné des dégâts dépassant les 3 millions d’euros, selon le conseil régional. Kamel Chibli, vice-président du conseil régional en charge de l’Éducation, a partagé des mises à jour sur l’ampleur des dommages et s’est interrogé sur la responsabilité financière qui sera engagée pour couvrir ces coûts. En France, le système juridique rend l’État responsable des dégâts causés lors de rassemblements publics, ce qui permet aux collectivités locales de demander un remboursement à l’État. Si des individus responsables des dommages sont identifiés, les régions peuvent déposer des plaintes formelles et réclamer une compensation intégrale. Cependant, les casseurs sont rarement identifiés, et sans noms précis, c’est le budget public qui supporte la charge financière. Chibli explique que la région dépose systématiquement plainte pour chaque acte de dégradation « pour marquer le coût », mais que, « au final, ce sera la collectivité qui paiera ». Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Île-de-France, a indiqué qu’elle enverrait la facture au maire Bally Bagayoko pour les dégâts à Saint-Denis. Chibli évoque aussi la possibilité d’une implication des assurances, selon les circonstances, mais souligne que « des efforts devront être faits ailleurs » et que « des choix devront être faits », notamment concernant la rénovation thermique des bâtiments. D’autres régions ont également signalé des coûts importants. L’Île-de-France a annoncé 7 millions d’euros de dégâts, dont la destruction d’une cinquantaine de portails. Auvergne-Rhône-Alpes estime entre 25 et 30 millions d’euros, bien que ce chiffre inclue des dommages autour des établissements scolaires et des véhicules. Les Pays de la Loire rapportent 3 millions d’euros, dont au moins 2 millions imputables à l’incendie du lycée Nelson-Mandela à Nantes. Les Hauts-de-France et le Grand Est font chacun état de dégâts approchant le million d’euros, tandis que le président de la région Normandie, Hervé Morin, met en garde contre une facture qui pourrait atteindre « plusieurs dizaines de millions ». Ces premières estimations, bien que non standardisées, dépassent déjà les 40 millions d’euros. Chibli met en garde contre une aggravation des coûts, une nouvelle semaine de mobilisation nationale étant attendue. Il craint que le mouvement « ne dépasse les lycéens », avec des craintes de débordements relayées sur les réseaux sociaux. Sa principale préoccupation reste un scénario similaire à la destruction du lycée de Nantes, qui serait « une catastrophe d’abord pour les élèves, puis pour la collectivité, mais surtout pour l’argent public ».