Une étude relie les permis de construire d'éoliennes en France à une hausse du vote d'extrême droite, montrant comment les projets d'énergie renouvelable peuvent alimenter la polarisation politique.
Des permis d'éoliennes liés au vote d'extrême droite
Une étude menée par l'économiste Martin Faulques révèle que le dépôt d'une demande de permis d'éolienne dans une commune française est associé à une hausse des votes en faveur des partis d'extrême droite. Cet effet a été observé même après la mise en service des éoliennes.Une recherche portant sur des milliers de communes
La recherche a analysé les données de 34 448 communes françaises entre 2007 et 2022, en comparant les résultats du premier tour de quatre élections présidentielles avec le développement des projets éoliens terrestres dans ces territoires.Trois étapes clés du processus
L'étude a identifié trois moments critiques dans chaque commune concernée : le dépôt de la demande de permis, le début des travaux et la mise en service officielle des éoliennes.Un impact qui dépasse la commune d'accueil
Les résultats suggèrent que l'influence des demandes de permis d'éoliennes sur le vote d'extrême droite ne se limite pas à la commune où se situe le projet, mais touche aussi les territoires voisins.Un usage politique du rejet de l'éolien
Le Rassemblement national (RN), principal parti d'extrême droite français, a fait de l'opposition aux éoliennes un axe de sa stratégie de campagne, se présentant comme le défenseur des paysages ruraux face à des décisions perçues comme imposées par le gouvernement.Discours de droite et opposition locale
L'étude souligne la nécessité d'examiner comment la rhétorique populiste de droite peut rejoindre la résistance locale aux projets d'énergies renouvelables, mettant en lumière l'interaction entre la politique nationale et les préoccupations locales.Des tendances de vote qui apparaissent tôt
La hausse du vote d'extrême droite était perceptible dès la première élection influencée par le dépôt d'une demande de permis d'éolienne, et non pas seulement après la mise en service des éoliennes.L'éolien en mer soulève de nouvelles questions
La recherche évoque également des inquiétudes inhabituelles autour des éoliennes en mer, qui concernent les marins, sans toutefois que la nature précise de ces problèmes ne soit pleinement détaillée dans l'étude.La visibilité locale façonne l'action publique
L'étude note que l'ampleur de l'action publique nécessaire dépend de la visibilité du parc éolien et des relations entre les communes voisines.Des questions de justice environnementale
La recherche soulève des interrogations en matière de justice environnementale : qui bénéficie du projet, qui en supporte les contraintes, qui peut influencer les décisions, et comment sont pris en compte les liens affectifs des habitants avec leur territoire.Au-delà du « pas dans mon jardin »
L'étude affirme que réduire ces tensions à une simple attitude « pas dans mon jardin » empêche de comprendre en profondeur les enjeux sous-jacents du débat sur les projets éoliens.Des parallèles allemands dans le rejet de l'éolien
En Allemagne, le sociologue Bastien Fond a récemment analysé la manière dont le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) a utilisé l'opposition aux éoliennes dans le cadre de sa stratégie politique.Associer les habitants pourrait aider
La recherche suggère que donner aux habitants une véritable place dans le processus de décision, avant le début de la construction des éoliennes, pourrait contribuer à apaiser les tensions identifiées dans l'étude.