Le Togo cherche à attirer des banques chinoises pour stimuler le commerce et les investissements, afin d'équilibrer ses liens économiques avec la Chine.
Le Togo cherche des banques chinoises pour sa croissance économique
Le Togo a exprimé le souhait d'attirer des banques chinoises afin de soutenir l'essor des échanges commerciaux et des investissements entre les deux pays. Cette démarche intervient alors que des établissements financiers chinois participent déjà au financement des économies d'Afrique de l'Ouest, même si leur présence directe dans la région reste limitée.La croissance des échanges entre le Togo et la Chine
Selon l'ambassadeur de Chine au Togo, Wang Min, les échanges commerciaux bilatéraux entre le Togo et la Chine ont atteint 5,43 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 55 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, ces échanges sont déséquilibrés : la Chine est un fournisseur majeur du Togo, tandis que les exportations togolaises vers la Chine demeurent relativement modestes.Des outils financiers pour soutenir les échanges
Le Togo voit dans l'arrivée d'établissements financiers chinois un moyen de faciliter le financement des importations, de soutenir les investissements industriels et les projets de transformation locale. Les entreprises pourraient bénéficier de lignes de crédit, de garanties bancaires et de solutions de financement du commerce adaptées à leurs transactions avec la Chine.Une coopération financière déjà engagée en Afrique
La coopération financière entre la Chine et l'Afrique est déjà en marche. Le 10 octobre, Ecobank, dont le siège est à Lomé, a signé à Pékin un accord avec le CIPS, le système chinois de paiement interbancaire transfrontalier. Cette initiative vise à faciliter les transactions en yuans entre les entreprises africaines et leurs partenaires chinois, ce qui pourrait réduire la dépendance aux paiements libellés en dollars.Les financements chinois en Afrique de l'Ouest
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD), également basée à Lomé, bénéficie déjà de financements chinois. En septembre 2026, son conseil d'administration a approuvé une quatrième ligne de crédit de la China Development Bank, d'un montant de 131,2 milliards de francs CFA, destinée à financer les petites et moyennes entreprises de l'UEMOA par l'intermédiaire d'institutions partenaires.La présence bancaire chinoise en Afrique
La présence bancaire chinoise est déjà établie en Afrique, notamment en Afrique du Sud, en Zambie, à Maurice, en Angola et à Djibouti. En Afrique de l'Ouest francophone, en revanche, leur présence directe reste limitée. Les capitaux bancaires chinois y sont présents de manière indirecte, par l'intermédiaire d'entités comme la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), qui détient 19,7 % du groupe sud-africain Standard Bank, présent en Côte d'Ivoire à travers Stanbic Bank.Le paysage bancaire togolais
Le Togo, qui comptait 14 banques et trois établissements financiers à caractère bancaire à la fin de 2025, accueille déjà les sièges de plusieurs groupes bancaires panafricains, dont Ecobank et Oragroup. Lomé occupe la première place régionale pour le total consolidé des bilans des sociétés financières, devant Abidjan.Les ambitions économiques de Lomé
Cette initiative s'inscrit dans les nouvelles ambitions économiques de Lomé, alors que le gouvernement prépare sa feuille de route 2026-2031, censée traduire les objectifs de la Vision Togo 2040. L'arrivée d'acteurs financiers chinois pourrait contribuer à mobiliser des capitaux pour des investissements productifs et renforcer la position de Lomé comme pôle financier régional.Incertitudes quant à l'impact
Le communiqué ne précise aucun établissement intéressé ni calendrier d'implantation. Une question demeure : ces futurs financements soutiendront-ils principalement les importations chinoises, ou contribueront-ils aussi au développement de la production et des exportations togolaises ?