L’agence américaine chargée de l’immigration et des douanes, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), a annoncé son intention de recruter 5 000 agents supplémentaires pour renforcer ses opérations de contrôle migratoire. Selon The New York Times, ces nouveaux agents devraient commencer à travailler d’ici la fin de l’année. Ce recrutement porterait les effectifs de l’agence à une hausse d’environ 17 %, tout en lui permettant de bénéficier des nouveaux fonds alloués par le Congrès. La majorité de ces recrues seront chargées de procéder à des expulsions de personnes en situation irrégulière. En juillet 2025, l’ICE est devenue l’agence fédérale la plus financée de l’histoire des États-Unis. Depuis le retour du président américain à la Maison-Blanche, l’agence a déjà augmenté ses effectifs d’environ 8 000 personnes, portant son nombre total d’employés à 29 000 en juillet. Les bureaux de l’ICE prévoient désormais d’affecter davantage d’agents à l’application des lois sur l’immigration. Ces derniers mois, l’agence a intensifié de manière significative ses opérations de contrôle migratoire, menant une campagne d’arrestations agressive soutenue par plus de 100 milliards de dollars (88 milliards d’euros) de fonds congressionnels. L’an dernier, une campagne de recrutement similaire avait déjà été lancée. Elle avait suscité des critiques en raison de son ampleur et de sa rapidité : des agents avaient été embauchés sans vérifications approfondies de leurs antécédents, ou avec des contrôles insuffisants. Dès le printemps, des centaines de ces nouvelles recrues avaient déjà été licenciées. Pour cette nouvelle campagne, une source proche du dossier a indiqué que l’ICE entend appliquer des critères de sélection plus stricts. « Une vérification approfondie des antécédents des candidats prend du temps », a déclaré Deborah Fleischaker, ancienne directrice par intérim du cabinet de l’ICE sous l’administration Biden. « Il est plus important de bien faire les choses que de les faire rapidement. » Dans un communiqué, le département de la Sécurité intérieure a précisé que les récents recrutements n’avaient aucun lien avec les départs intervenus lors de la précédente vague de recrutement. « Les agences fédérales chargées de l’application de la loi ont toujours eu du mal à pourvoir rapidement les postes vacants sans embaucher des personnes aux passés problématiques », a reconnu Daniel Altman, ancien fonctionnaire des douanes. « Avec le temps, on observe généralement une augmentation des cas d’usage excessif de la force et d’autres types de manquements professionnels, ce qui peut survenir lorsqu’une personne inadaptée est recrutée. » Les États-Unis ont massivement espionné des militants de gauche et des manifestants anti-ICE. Aujourd’hui, l’agence peine toujours à rattraper l’important retard accumulé dans les vérifications des antécédents des agents recrutés l’an dernier. Ainsi, près de 7 500 personnes attendent encore que leurs contrôles soient finalisés et ne peuvent, en attendant, exercer leurs fonctions que de manière limitée. Deux sources anonymes ont indiqué que le nombre de personnes en attente de vérification est bien plus élevé que la normale. L’an dernier, l’agence avait embauché des recrues sans avoir rempli l’intégralité des formulaires de sécurité, sans relever leurs empreintes digitales ni leur administrer de test au détecteur de mensonges. Un haut fonctionnaire, qui supervisait les contrôles préliminaires en août 2025, a également déposé une plainte exprimant ses inquiétudes quant à ces pratiques. Selon lui, l’administration Trump avait proposé des offres d’emploi définitives sans effectuer de vérifications préliminaires, violant ainsi la loi et exposant l’agence à « de graves risques pour la sécurité nationale ». Alors qu’en janvier, les meurtres de Renée Good et Alex Pretti par des agents de l’ICE avaient choqué les Américains, il semble que Washington souhaite désormais renforcer sa police de l’immigration. Mais à quel prix ?