Anne Carson, écrivaine canadienne récemment récompensée par le prix Nobel de littérature, a recommencé à écrire des titres pour ses dessins, une pratique qu’elle avait abandonnée après avoir constaté que les gens se concentraient davantage sur les titres que sur les œuvres elles-mêmes. Née à Toronto en 1950, Carson était depuis longtemps considérée comme une candidate sérieuse au Nobel et elle porte désormais cet honneur. Elle a décrit la réception du prix comme « juste une journée normale où je me trouve », s’excusant de ne pas avoir eu de « réaction spectaculaire ». Naturalisée citoyenne islandaise en 2022, Carson vit actuellement à Reykjavik, où elle regarde souvent l’océan. À propos du million d’euros décerné par l’Académie suédoise, elle plaisantait sur la façon de « se débarrasser de cet argent », évoquant un ami ayant besoin d’une maison et précisant qu’elle a l’habitude de faire des dons à Médecins Sans Frontières. Son œuvre, à la fois prolifique et difficile à catégoriser, couvre la poésie, le théâtre, les essais et surtout la traduction. Ses traductions ne se limitent pas à une simple transposition linguistique : elle réinterprète les textes classiques en courts poèmes, fragments ou proses. Carson confie parfois aux journalistes qu’elle ne lit « que des auteurs publiés cinq cents ans avant notre ère », mais cette érudition profonde s’accompagne d’un style d’écriture clair et accessible. Son travail est perçu comme proposant un pacte littéraire visant à redonner vie à l’essence de la tragédie, à l’ouverture de la poésie et à la pertinence des récits ancrés dans l’époque contemporaine. Son approche inédite en a fait une figure majeure de la littérature moderne, bousculant les frontières traditionnelles et invitant les lecteurs à redécouvrir les textes classiques sous un angle nouveau.